Mon expérience unique de cet été : ramener à la vie une tortue presque tuée sur la route

Chaque fois que je parle à ma famille ou à mes amis de mon travail qui consiste à réaliser des études sur la mortalité animale sur les routes, ils me demandent à tout coup : « Donc, qu’est-ce que tu fais? Tu te promènes à la recherche de bestioles mortes? » Ce qui, en fait, n’est pas bien loin de la réalité. Mais le boulot comporte aussi ses moments de gloire.

La vie à la CCN

En tant que biologiste étudiant en stage à la CCN, j’ai l’occasion d’acquérir une précieuse expérience de travail sur le terrain et de mettre en pratique mes connaissances en biologie, tout en profitant des beautés de la Ceinture de verdure. Au cours de l’été, j’ai été affecté à plusieurs projets consistant, entre autres, à surveiller les espèces en péril, à collaborer à la recherche scientifique et à réaliser des études sur la mortalité animale sur les routes.

La biologiste étudiante Laura Haniford, Roman Kryuchkov, Ph. D. (Université d’Ottawa) et moi-même en train de mener un projet de recherche sur les tiques au début de l’été

La biologiste étudiante Laura Haniford, Roman Kryuchkov, Ph. D. (Université d’Ottawa) et moi-même en train de mener un projet de recherche sur les tiques au début de l’été

Donc, « des bestioles mortes ? » Oui. Nous tenons un registre du nombre d’animaux heurtés par des véhicules sur les routes de tout le territoire de la Ceinture de verdure et des endroits où les collisions surviennent. Notre étude a pour but de repérer les points névralgiques ou les secteurs où la plupart des animaux se font frapper. Ce travail s’avère parfois difficile, mais je garde à l’esprit que ces données nous permettront de classer par ordre de priorité les secteurs où il faudrait apporter des modifications aux routes afin que les animaux puissent les traverser sans danger. Non seulement cela réduira le nombre d’animaux blessés, mais, aussi, les routes seront plus sécuritaires pour les automobilistes. Les tortues peintes doivent traverser un terrain dangereux pour aller déposer leurs œufs. Une fois ces derniers éclos, les jeunes tortues resteront dans le nid et gèleront complètement en hiver, survivant à des températures aussi basses que -10 °C.

Une tortue peinte tenace

Un nid de tortues serpentines détruit par des prédateurs

Un nid de tortues serpentines détruit par des prédateurs

Même si la plupart des animaux que nous avons rencontrés cet été étaient blessés de façon irrémédiable, ce ne fut pas le cas pour tous. Lors d’une étude de soirée menée près de la zone humide Mer Bleue d’importance internationale, j’ai trébuché sur une tortue peinte du Centre adulte qui avait été récemment frappée par un automobiliste. Les tortues peintes sont une espèce encore assez courante, mais, en raison de la disparition croissante des habitats humides et de la mortalité animale sur les routes qui ne cesse d’augmenter, l’espèce a connu une baisse significative au cours des 30 dernières années. La tortue, qui avait une fissure assez importante le long de sa carapace près de ses pattes arrière, était immobile, mais elle était encore en vie. J’ai communiqué avec un office local de protection de la nature, qui m’a conseillé d’amener la tortue à la Société protectrice des animaux d’Ottawa pour que son état soit évalué. Lorsque j’ai quitté cette dernière, j’espérais que tout se passe bien pour la petite victime, mais je ne m’attendais pas à ce que nos chemins se croisent de nouveau un jour.

À ma grande surprise, un peu plus d’un mois plus tard, j’ai reçu un coup de fil du Rideau Valley Wildlife Sanctuary. La tortue, qui s’était complètement rétablie dans leurs installations, était prête à être relâchée dans la nature. Gentiment, on m’a demandé si j’aimerais le faire moi-même.

La fin heureuse

Nous avons ramené la tortue près de l’endroit où nous l’avions trouvée, mais loin de la route où elle serait hors de danger. Lorsque j’ai vu la tortue s’en aller en nageant dans le marécage, j’ai réalisé que le travail que nous avons accompli au cours de l’été, même s’il n’était pas toujours facile, pouvait vraiment changer les choses pour le mieux.

Grâce à cette expérience enrichissante, je suis heureux de savoir que mon travail a permis de déterminer où des passages fauniques seront aménagés – pour mieux protéger des dizaines de tortues serpentines chaque année.

Je remercie du fond du cœur le Rideau Valley Wildlife Sanctuary et la Société protectrice des animaux d’Ottawa du travail fantastique qu’ils ont accompli et d’avoir rendu tout cela possible. Pour que cette expérience réussie ne devienne pas un cas parmi tant d’autres, veuillez consulter les sites Web suivants pour savoir comment vous pouvez aider.

Partagez

Commentaires