Gestion responsable des sentiers

Lorsque nous avons initialement abordé le problème des sentiers non officiels dans le parc de la Gatineau, il y a de cela quelques années, nous avions en tête d’harmoniser les besoins et les demandes des utilisateurs au mandat de conservation du parc. Nous avons donc créé le projet de gestion responsable des sentiers.

Maintenant, après quatre ans de consultations publiques, d’évaluations environnementales et récréatives, nous sommes fiers de vous annoncer que nous avons débuté la phase de mise en œuvre du projet de gestion responsable des sentiers.

Les sentiers non officiels sont problématiques

La taille d’un habitat naturel est un bon indicateur de la biodiversité qu’il contient. Plus un habitat naturel est grand, plus on a de chances d’y retrouver une grande diversité d’espèces fauniques et floristiques.

En morcelant les habitats dans lesquels ils sont créés, les sentiers non officiels diminuent la taille des habitats naturels et modifient les processus naturels qui les soutiennent. Par exemple, la création d’un sentier peut laisser pénétrer plus de lumière au sol, faire augmenter la température locale ou rediriger les vents et l’eau de ruissellement.

Bien qu’ils puissent paraître mineurs à l’œil humain, ces changements sont susceptibles de favoriser, entre autres, l’introduction d’espèces exotiques envahissantes et constituent une réelle menace pour la biodiversité.

La phase de mise en œuvre du projet

Il s’agit de l’intégration d’une centaine de kilomètres de sentiers non officiels existants au réseau officiel du parc de la Gatineau, sur une période de quatre ans.

Ces sentiers ont été choisis en fonction des préférences des utilisateurs et de la qualité de l’expérience qu’ils offrent, tout en ayant un impact environnemental minimal. Ils feront partie du réseau officiel du parc, apparaîtront sur les cartes et auront leur propre signalisation.

Le processus de consultation nous a permis de comprendre qu’en utilisant et créant des sentiers non officiels, les utilisateurs recherchaient une expérience différente de celle offerte par le parc. C’est pourquoi, dans l’optique de motiver les utilisateurs à rester sur les sentiers officiels, ce nouveau réseau offrira une expérience différente de ce qui existe sur le réseau actuel du parc :

  • Des sentiers plus étroits qui comportent des défis techniques de tout genre, un terrain varié et une expérience hors des sentiers battus.
  • Ces sentiers permettront aussi d’effectuer des boucles intéressantes, notamment en offrant différentes options pour relier les divers secteurs du parc.

Parc de la Gatineau : Sentiers proposés

Entre 2014 et 2017, la CCN a tenu des consultations auprès des usagers du parc, des intervenants, des associations et des élus pour communiquer de l’information et trouver des solutions pour réduire l’impact environnemental de l’utilisation des sentiers non officiels.

Un réseau pour les utilisateurs, par les utilisateurs

Les sentiers nouvellement officialisés seront réhabilités et entretenus sur une base régulière grâce à un partenariat entre différents groupes bénévoles et la CCN. Des corvées de travail sont organisées certains soirs de semaine et parfois la fin de semaine.

Des bénévoles au travail

Vous pouvez vous impliquer en nous écrivant ou en communiquant avec l’Association de vélo de montagne de l’Outaouais, avec laquelle nous sommes partenaires.

Outils spécialisés

Le travail est effectué avec une panoplie d’outils spécialisés, sans machinerie, pour conserver les sentiers dans leur état authentique. La plupart des interventions, qui ont pour but d’améliorer la durabilité des sentiers, portent sur des problèmes de drainage et d’érosion, ainsi que sur des mesures d’atténuation des impacts environnementaux.

Cette problématique se règle en ayant recours à diverses méthodes élaborées par les différentes organisations et entreprises spécialisées en aménagement de sentiers durables. Ces méthodes incluent :

  • les brèches : il s’agit de demi-cercles creusés à un dévers de 15 % sur la surface du sentier pour évacuer l’eau;
  • les inversions de pente : combinées aux brèches, les inversions de pente permettent l’évacuation de l’eau sur des sentiers plus abrupts;
  • l’enrochement : c’est-à-dire un assemblage de roches permettant de solidifier l’assiette d’un sentier ou de la surélever pour traverser une zone problématique.

L’impact environnemental

L’objectif de l’intégration au réseau officiel de certains sentiers non officiels existants est d’avoir un impact environnemental positif. Les sentiers non officiels ont été étudiés et parcourus par les biologistes de la CCN afin d’évaluer l’impact environnemental d’un potentiel changement d’usage. Ils ont été évalués selon les facteurs écologiques suivants :

  • Espèces en péril protégées par la loi;
  • Milieux humides;
  • Rivières, lacs et ruisseaux;
  • Habitats protégés par la loi;
  • Érosion;
  • Analyse sur le terrain et au moyen du système d'information géographique (SIG).
Avant / après

Avant / Après - Travail d’enrochement sur une section de sentier régulièrement inondée. Ce travail permet d’établir une assiette de sentier durable et de réduire l’emprise du sentier.

Les résultats de cette évaluation ont permis de sélectionner les sentiers ayant le plus faible impact environnemental afin de mieux répondre à la demande récréative. Les sentiers retenus bénéficieront de travaux de réhabilitation et d’entretien pour qu’ils aient la plus petite empreinte écologique possible. Les autres sentiers non officiels, qui menacent les habitats fragiles du parc et n’offrent pas une expérience récréative unique, seront restaurés.

La restauration des sentiers non officiels

Un des objectifs clés du projet de gestion responsable des sentiers consiste à réduire la fragmentation des habitats par la restauration d’environ 200 km de sentiers non officiels. Par restauration, nous faisons référence au fait de laisser la nature reprendre l’espace occupé par un sentier.

Il s’agit d’un processus qui s’effectue naturellement si les usagers arrêtent d’utiliser un sentier, mais qui prend du temps. Nous pouvons accélérer le processus en camouflant les entrées et en faisant de la plantation, mais ces méthodes ne sont efficaces que si les fermetures sont respectées.

C’est pourquoi votre participation, en tant qu’utilisateurs des sentiers, est cruciale. Contribuez à protéger l’environnement en restant exclusivement sur les sentiers officiels et en respectant la signalisation en place!

Sentier restauré

À gauche, un sentier restauré. L’entrée a été camouflée, puis nous avons planté des arbres pour accélérer le processus de restauration.

Ainsi, au cours des quatre prochaines années, le parc de la Gatineau, en partenariat avec des organisations bénévoles de la région, travaillera à l’intégration de 100 kilomètres de sentiers non officiels à son réseau officiel et à la restauration de 200 kilomètres de sentiers non officiels. Nous sommes fiers d’avoir pu travailler de pair avec la communauté pour créer un projet qui permettra de concilier l’offre récréative avec les besoins des usagers, tout en respectant l’intégrité écologique du parc.

Ce n’est toutefois que le début du projet et votre implication, dans les années à venir, sera essentielle pour en assurer le succès!

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