Cassandra Demers

Adjointe aux communications

Le 25 janvier, 2019, 12 h 00

Habillez-vous chaudement et sortez prendre l’air! Ces deux dernières années, plus de 25 km de sentiers d’hiver polyvalents sont apparus le long de la berge de la rivière des Outaouais au grand plaisir de tous.

Nous avons rencontré Dave Adams, l’homme derrière l’aménagement du sentier d’hiver Sir-John-A.-Macdonald (SJAM), et Alexa Brewer, bénévole dynamique de Ski Héritage Est, pour qu’ils nous en disent davantage sur leurs extraordinaires projets d’hiver.

Sentier d’hiver SJAM

Le sentier d’hiver SJAM est un sentier polyvalent et damé de 16 km aménagé pour les marcheurs, les skieurs, les raquetteurs et les cyclistes d’hiver. Il suit le sentier de la Rivière-des-Outaouais, un sentier polyvalent qui longe la promenade Sir-John-A.-Macdonald. Le sentier en est à sa troisième saison officielle cet hiver.

Sentier Ski Héritage Est

Ski Héritage Est est un sentier d’hiver polyvalent de 9,5 km qui longe la berge de la rivière des Outaouais du chemin Trim, dans le secteur est d’Ottawa, au ruisseau de Green. Comme son équivalent du secteur ouest, il est accessible à tous les amateurs de plein air. Ce projet communautaire existe depuis deux ans et demi.

Les deux organismes qui gèrent ces sentiers travaillent en étroite collaboration avec le gestionnaire des terrains de la CCN, Mike Muir : « En soi, le programme des sentiers d’hiver est une contribution précieuse à l’animation des berges. Mais pour moi, c’est particulièrement gratifiant d’offrir le programme en partenariat avec notre groupe de bénévoles qui, en plus de donner de leur temps, sont apparemment une source intarissable d’énergie, de créativité et d’enthousiasme. L’harmonie qui règne entre la CCN et l’équipe communautaire donne un programme qui est non seulement bien reçu du public, mais aussi gratifiant. Nous avons beaucoup de plaisir à travailler avec des partenaires. »

Comment tout a commencé

Pour Dave Adams, il était d’une évidence flagrante que la berge de la rivière devait être mieux utilisée pendant les mois d’hiver. Lui-même ayant été un fondeur de compétition, Dave avait redonné à sa collectivité ce qu’il avait reçu depuis des années en damant les sentiers du club de ski Nakkertok. Il avait l’expérience, la passion et la volonté de diriger ce projet.

Avec le soutien du club Nakkertok, qui a accepté de lui prêter le matériel d’entretien, et de la Westboro Beach Community Association, qui avait des années d’expérience en matière de projets de partenariat avec la CCN, Dave a élaboré un concept qui a été mis à l’essai pendant deux semaines en 2016. Le succès a été instantané.

L’ouverture du sentier d’hiver Ski Héritage Est en janvier 2018.
L’ouverture du sentier d’hiver Ski Héritage Est en janvier 2018.

Puis, Dave s’est tourné vers Dovercourt pour du soutien à la gestion et à l’administration de ce projet. L’accord fut parfait! Le sentier d’hiver SJAM entre maintenant dans la troisième saison et il inspire des quartiers de la capitale du pays à aménager leur propre sentier d’hiver.

En 2017, un groupe de gens du secteur est de la ville, dont Alexa Brewer, ont été motivés par le succès du sentier d’hiver SJAM et ont décidé de passer à l’action dans leur quartier : Ski Héritage Est était né. Le sentier en est à sa deuxième saison et on l’améliore chaque année.

« Trois saisons sur quatre, le sentier est très fréquenté, mais il était, disons, déserté en hiver. Maintenant qu’on l’entretient et que des fondeurs le fréquentent, il sert toute l’année ».
— Alexa (au sujet du sentier Ski Héritage Est)

Par la collectivité, pour la collectivité

Du secteur ouest au secteur est de la ville, la réponse de la collectivité a été exceptionnelle.

Photos de visiteurs affichées sur la page Facebook du sentier d’hiver SJAM
Photos de visiteurs affichées sur la page Facebook du sentier d’hiver SJAM

« J’adore cela! Parfois, la charge de travail m’amène au bord des larmes, mais ça fait de moi une meilleure personne, et je sais que c’est pour une bonne chose, quelque chose en quoi je crois. Les témoignages de satisfaction et d’appréciation que je reçois des gens sont tels que ça me permet de continuer. »
— Dave

Dave nous a parlé d’une femme qui, un jour, est venue à lui dans le sentier. Elle avait subi une blessure grave qui l’empêchait maintenant de conduire. Elle se sentait prisonnière de son appartement… jusqu’à ce que le sentier d’hiver SJAM soit aménagé. Avant sa blessure, cette femme était active et elle avait l’habitude de se rendre au parc de la Gatineau en voiture pour skier; elle ne pouvait plus le faire. Elle a remercié Dave et lui a dit : « Vous m’avez sauvé la vie. Le sentier m’a sauvée sur le plan émotionnel, mais aussi, le médecin m’a dit que si je n’étais pas active, ma condition se détériorerait. »

Des histoires comme celle-là montrent l’importance que ces sentiers ont pour la collectivité. La seule façon de faire d’un sentier d’hiver public une réussite est de mobiliser les gens. Les médias sociaux sont un moyen d’y parvenir.

« Quand nous avons commencé, j’ai dû trouver de la machinerie lourde pour remplir de neige les passages inférieurs, ou bien ce serait un problème. Maintenant, je n’envoie qu’un gazouillis et BOOM, j’ai de la neige dans le passage inférieur. »
— Dave

via GIPHY

Ces sentiers dépendent d’une grande armée de bénévoles engagés. Les gens de l’entretien, les ambassadeurs, les elfes pelleteurs, les photographes, les rédacteurs, les graphistes, ceux qui s’occupent des médias sociaux — et tant d’autres — consacrent de leur temps à la maintenance du sentier.

Pete le dameur (à gauche) et Dave le dameur (à droite) près du foyer au village nordique du parc des Rapides-Remic.
Pete le dameur (à gauche) et Dave le dameur (à droite) près du foyer au village nordique du parc des Rapides-Remic.

De nature, un sentier d’hiver en milieu urbain se dégrade très rapidement. Le fait d’être si près de la rivière représente également un défi. L’entretien des sentiers nécessite beaucoup de travail et de soin.

« Nous entretenons le sentier chaque jour où la météo le permet. Si on ne l’entretient pas régulièrement, il se dégrade et ce n’est bon pour personne. »
— Dave

Ski Héritage Est a récemment fait l’acquisition d’une dameuse d’occasion pour faire ses opérations d’entretien.

« Avoir le contrôle du matériel d’entretien nous permettra d’être très réactifs. Nous pourrons faire l’entretien trois ou quatre fois par semaine, dépendamment de la neige. Cela nous permettra aussi de damer en fonction d’un usage polyvalent.
— Alexa

Travailler avec la collectivité et comprendre ses besoins aide aussi à améliorer les sentiers. Par exemple, l’équipe de ski nordique Cairine Wilson s’entraîne dans le sentier Ski Héritage Est. Les gestionnaires du sentier essaient donc d’aider l’équipe le plus possible en damant le sentier en fonction de ses besoins.

Vision d’avenir

Pour être durables, les sentiers d’hiver doivent être financés, et c’est le défi. Jusqu’à maintenant, les deux organismes ont été créatifs pour trouver l’argent dont ils ont besoin pour mener, grâce à des vidéos promotionnelles, des campagnes de financement participatives et des programmes de commandite.


La CCN, la Ville d’Ottawa et différentes entreprises de la collectivité donnent de l’argent, des services et des produits, ce qui témoigne de l’appui que reçoivent des initiatives comme celles-ci. La CCN est fière de soutenir ces formidables initiatives communautaires.

« Ces organisations sont fantastiques! Elles nous ont vraiment appuyés et elles partagent notre vision. La CCN voulait redonner à la collectivité l’accès aux berges, et cela [le sentier Ski Héritage Est] donne un accès extraordinaire. Nous profitons d’une excellente collaboration et de bons conseils; c’est notre meilleure partenaire. »
— Alexa (au sujet de la CCN)

Dans l’avenir, les responsables du sentier d’hiver SJAM et du sentier Ski Héritage Est espèrent faciliter le processus de collecte de fonds en collaborant avec d’autres organisations qui gèrent des sentiers d’hiver. La Winter Trail Alliance, un projet plus vaste qui en est à ses débuts, représenterait tous les sentiers d’hiver d’Ottawa.

« Un jour, j’en suis certaine, ce sera un seul et même sentier. »
— Alexa (au sujet du raccordement du sentier d’hiver SJAM et du sentier Ski Héritage Est)

Si plusieurs personnes, comme Alexa, envisagent la création d’un réseau de sentiers d’hiver couvrant la capitale, les gestionnaires de sentiers, eux, ont atteint leurs limites, compte tenu des ressources (temps, énergie, personnes et argent) à leur disposition. Prolonger le sentier d’hiver du secteur ouest au secteur est de la ville est un rêve, mais qui ne peut se réaliser que si les collectivités embarquent et passent à l’action dans leur quartier respectif. C’est ce que ça prend… et beaucoup de neige.

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