Ce territoire, riche et unique, était habité par les Autochtones depuis 9 000 ans, et les peuples nomades s’y arrêtaient en cours de portage pour faire du troc. Des preuves archéologiques indiquent que la région était une plaque tournante commerciale animée voilà quelque 6 000 ans.

L’utilisation des terres à l’origine

À l’époque du premier contact avec les Européens, au début du 17e siècle, la région était habitée par les Anishinabés. Leurs descendants l’occupent encore de nos jours. Les premiers colons espéraient vivre de la culture de la terre, mais le sol rocheux ne convenait pas à l’agriculture. Ils se sont donc tournés vers l’exploitation des ressources naturelles : la chasse, la pêche, la foresterie et les mines.

Les premiers temps

C’est en 1884 que l’embellissement de la capitale a commencé. On peut dire qu’à l’époque, elle ne ravissait pas tous les premiers ministres de ce jeune pays. Jugeant qu’elle n’était pas « une belle ville », Sir Wilfrid Laurier, septième premier ministre du Canada, a mis au défi son gouvernement de l’améliorer. Débuta alors plus d’un siècle d’édification du milieu urbain de la capitale fédérale.

La Grande Dépression des années 1930 a forcé les familles pionnières à trouver de nouvelles activités économiques. La coupe et la vente de bois de chauffage, en particulier, entraient toutefois en conflit avec les valeurs récréatives des vacanciers de la région.

En 1938, le gouvernement a acquis les premières parcelles de terrain des collines de la Gatineau. C’était un premier pas vers la création du parc. Les ressources de cet espace vert n’étaient plus exploitées, puisqu’on en avait changé la vocation. Le parc de la Gatineau est ainsi devenu une zone valorisée de conservation et de loisir.



En décembre 1949, le gouvernement faisait l’acquisition de quelque 10 000 hectares de terrain (24 729 acres). La partie nord-ouest, proche de La Pêche, était une parcelle particulièrement intéressante puisqu’elle était, selon la Commission du district fédérale, « le plus bel endroit dans le Parc ».


En 1950, le plan d’aménagement urbain de Jacques Gréber a contribué à la création de plusieurs attraits durables dans la région, y compris la Ceinture de verdure et les promenades panoramiques.





Le parc de la Gatineau, parc de conservation par excellence de la région de la capitale nationale, abrite des écosystèmes uniques et une grande diversité de plantes et d’animaux. D’une superficie de 361 kilomètres carrés, il offre des activités récréatives en plein air respectueuses de l’environnement naturel.



Les Relais

Saviez-vous que... il y a plusieurs relais dans le parc de la Gatineau, et qu’ils sont tous liés à une famille qui habitait autrefois le territoire?

Durant de nombreuses années, le relais Shilly Shally fut la résidence d’hiver de Rosemary Gilliat Eaton, une photographe. Cette dernière réservait un bon accueil aux visiteurs, ce qui faisait de Shilly Shally une destination populaire dans le parc. Il s’y organisait de nombreuses fêtes, y compris une célébration annuelle de l’arrivée du printemps.

Acquisition par la CCN v. 1940

Ce chalet est nommé en l’honneur de Stanley Healey, le premier préposé à l’entretien de la fonction publique au lac Mousseau (Harrington Lake). M. Healey a joué un rôle prépondérant dans l’établissement de la résidence de campagne officielle du premier ministre, dans le parc.

Acquisition par la CCN v. 1951

Le relais Herridge a été construit par les Cafferty, une famille d’immigrants irlandais. Son nom actuel, reflète cependant celui de son dernier occupant, William Duncan Herridge, un avocat d’Ottawa, gendre du premier ministre, le très honorable R. B. Bennett.

Acquisition par la CCN v. 1951

Le relais Keogan doit son nom aux colons qui ont défriché le lot où il se trouve. Il a été construit en 1923 par le club de ski Cliffside, afin de servir d’abri pour la nuit aux membres du club.

Acquisition par la CCN v. 1944


La famille Renaud s’est établie dans le secteur du lac Philippe vers la fin du 19e siècle. En été, les Renaud cultivaient ce qu’ils parvenaient à faire pousser sur cette terre infertile et, en hiver, ils tiraient un revenu supplémentaire de travaux forestiers. À l’époque, ce mode de vie était courant dans la région.

Construction par la CCN v. 2015


De 1982 à 1999, le Centre des visiteurs se trouvait dans la maison Harrison, un bâtiment datant des années 1930 situé sur le chemin du Lac-Meech, à l’ouest de Kingsmere. Il se trouve à son emplacement actuel depuis la restauration de certains secteurs aménagés du parc.

Acquisition par la CCN v. 1963

Planifier le parc

1950

La Commission du district fédérale crée un sous-comité aviseur du parc de la Gatineau. Présidé par Roderick Percy Spark jusqu’en 1954, ce comité émettra un certain nombre d’avis à la Commission et lui présentera des rapports, dont un document intitulé Rapport sur le plan directeur pour développer le parc de la Gatineau (1952). Ce rapport reprend des propositions d’aménagement énoncées dans des rapports précédents : stationnements, immeubles, sentiers, accueils et promenades. Il soulève également la question de la propriété privée dans le Parc.

1970

Un plan de développement, dressé en 1968, jette les bases de l’utilisation du sol du parc, mettant en valeur ses fonctions de loisirs et de récréation, ses qualités symboliques et sa beauté naturelle. Divers aménagements sont alors mis en œuvre pour améliorer l’accès et les installations récréatives des résidants et des visiteurs de la capitale. 

1980

La superficie du parc atteint 35 650 hectares. Des études sont alors réalisées en vue d’élaborer un premier plan directeur. Ce plan, adopté en 1980, divise le parc en cinq secteurs, chacun ayant une vocation dominante. Il propose un zonage de conservation pour 70 pour cent de la superficie du parc, et d’interprétation et de loisirs pour le reste. 

1990

Avec l’élargissement de la mission de la CCN, en 1988, le plan de 1980 est remplacé par le plan directeur de 1990, lequel énonce des objectifs stratégiques visant à accroître la visibilité du parc et sa contribution récréative. En 1994, la CCN acquiert la vallée du ruisseau Meech. Cette acquisition porte à 36 131 hectares la superficie totale du parc. 

2000

Le Plan de la capitale du Canada désigne le parc comme une aire de patrimoine naturel de catégorie II, protégée et gérée d’abord et avant tout pour en préserver les écosystèmes et, ensuite, pour servir à la récréation. La prédominance est accordée aux processus naturels et la restauration du patrimoine naturel y est encouragée.

Prenez part aux consultations du nouveau plan directeur!

Le Plan directeur du parc de la Gatineau est le plan d’utilisation et de gestion à long terme du parc de la Gatineau. Ce plan expose une vision du parc de la Gatineau qui en fait un exemple de protection du patrimoine naturel et culturel.

La gestion des ressources patrimoniales et culturelles du parc

Depuis le début de la planification du parc, trois principes sont constamment demeurés à l'avant-plan : la conservation, la récréation et l’interprétation.

Dans les années 1930, l’exploitation forestière à grande échelle était presque terminée, mais la demande de bois de chauffage était croissante. La Grande Dépression accentuait la pression sur les forêts, car le bois de chauffage était une bonne source de revenus. Tel était l’abattage de feuillus par les agriculteurs au lac Meech, au lac Mousseau, près du lac Black et le long de certaines parties de l’escarpement, que le paysage en fut transformé. Skieurs et randonneurs étaient furieux. Cette situation a mené à la création de la Preservation of the Gatineau Woodlands Society, en 1934. Un comité a même été créé au sein du club de ski d’Ottawa pour collaborer avec cette société. Le club était propriétaire d’environ 300 acres et ses membres pratiquaient le ski sur plusieurs terres privées. 

En 1961, l’aire de piquenique au lac Philippe est rendue accessible en voiture sur une route pavée. L’année suivante, les premiers bâtiments pour accueillir les campeurs y étaient construits. Pour la première fois, les visiteurs devaient payer pour camper sur des emplacements aménagés. Le 2 octobre 1959, le très honorable John G. Diefenbaker inaugurait les chemins Lac-Pink et Kingsmere du circuit touristique du parc de la Gatineau. C’est un tout nouveau secteur qui s’offrait alors à l’émerveillement. Le panorama du belvédère offre des beautés naturelles exceptionnelles et, par beau temps, la vue s’étend sur 40 kilomètres vers le sud-ouest. 

Un projet s’étalant sur quatre ans prévoit l’intégration d’une centaine de kilomètres de sentiers non officiels au réseau officiel du parc de la Gatineau. Les sentiers choisis sont les préférés des utilisateurs parmi ceux qui ont un impact minime sur l’environnemental. Puisqu’ils feront partie du réseau officiel du parc, ils figureront sur les cartes et auront leur propre signalisation.
Cette destination populaire pour les piqueniques a fait peau neuve vers 1988. C’est avec l’idée de protéger la nature que la CCN a entrepris la réhabilitation du sentier du Lac-Pink et des berges du lac. Les visiteurs ont maintenant la chance de pouvoir arpenter un sentier parsemé de belvédères. 

Une cinquantaine de permis d’accès sont accordés chaque année pour des recherches scientifiques. Les rapports fournis par les chercheurs aident gestionnaires et biologistes de la CCN à planifier la protection d’espèces en péril, comme la tortue mouchetée et le petit blongios, et d’habitats fragiles comme le lac Pink. Par exemple, le parc abrite et protège une partie de la seule population de tortues mouchetées connue au Québec. Cette espèce est particulièrement vulnérable à la mortalité routière au moment de la ponte, au printemps, et à l’éclosion des œufs, vers la fin de l’été et le début de l’automne. 

Le but à long terme de cette étude consiste à améliorer les connaissances sur l’utilisation du territoire par les chauves-souris, et à suivre les tendances de ces populations. Une bonne connaissance des populations de chauves-souris en péril, et de leur localisation, permet de dégager des pratiques de gestion visant à protéger ces animaux et de leur habitat quand vient le temps de planifier un projet; et à établir des mesures efficaces pour atténuer les effets environnementaux potentiels sur les individus et leur habitat. 

L’été dernier, de nombreux participants du programme de science citoyenne ont étudié les populations de plongeon huard, d’anoures et de papillon monarque au parc de la Gatineau. La saison s’est terminée par une corvée d’arrachage d’une plante exotique envahissante.
Le domaine Mackenzie-King est un endroit exceptionnel où passer la journée en pleine nature. Dès l’arrivée, ce lieu transporte les visiteurs au début du 19e siècle, tandis qu’ils marchent tranquillement dans les sentiers forestiers ou écoutent les guides-interprètes raconter l’histoire du domaine.

Les Amis du parc de la Gatineau
sont un organisme à but non lucratif fondé en 1999. Sa mission : encourager l'appréciation, la compréhension et la protection du patrimoine naturel et culturel du parc de la Gatineau.

Le parc de la Gatineau organise chaque année une trentaine de randonnées guidées en raquettes pour ceux et celles qui vivent leur premier hiver au Canada. Plus de 7 000 Néo‑Canadiens y ont participé depuis le début du programme des nouveaux arrivants.

Le parc de la Gatineau offre des activités guidées gratuites aux groupes scolaires de la maternelle au secondaire.

Des visites guidées d’intérêt général sont offertes toute l’année à différents endroits du parc. En l’été, des programmes aux thèmes variés sont offerts au camping du lac Philippe. En automne, c’est le Coloris automnal qui accueille les visiteurs. En l’hiver, des tournées en raquettes ont lieu la fin de semaine. Toutes ces activités sont offertes gratuitement!