A Living Culture and Heritage

En 2067, le patrimoine culturel de la région de la capitale sera plus riche et diversifié. Ce patrimoine offre de multiples interprétations de l’histoire et des récits de la capitale et du pays. Le patrimoine constitue une partie essentielle de l’identité de la capitale, qu’il s’agisse de ses points d’intérêt les plus importants — dont les édifices du Parlement, les résidences officielles, d’autres édifices d’importance nationale, des lieux historiques nationaux et le canal Rideau, site du patrimoine mondial de l’UNESCO —, de ses enclaves urbaines à l’ambiance intime ou de ses paysages ruraux pittoresques.

Tel qu’il a été exposé au chapitre 3, la présence d’institutions culturelles nationales constitue une caractéristique importante de la capitale. Au nombre de celles-ci, mentionnons le Centre national des arts, le Musée des beaux-arts du Canada, le Musée canadien de l’histoire, le Musée canadien de la nature, le Musée des sciences et de la technologie du Canada, le Musée de l’agriculture et de l’alimentation du Canada et le Musée de l’aviation et de l’espace du Canada. Autre institution importante s’ajoutant à ces partenaires, le ministère du Patrimoine canadien, qui a la responsabilité de la programmation et de l’interprétation dans le secteur du cœur de la capitale.

Maison Strutt (construite en 1956), parc de la Gatineau

Maison Strutt (construite en 1956), parc de la Gatineau

Le nombre croissant d’attractions, de festivals et d’activités dans la capitale attire encore plus de touristes dans la région. En 2014, 10,4 millions de visiteurs ont apporté 1,7 milliard de dollars à l’économie de la région. La participation du gouvernement fédéral à l’aménagement et à l’embellissement de la région de la capitale aide à en maintenir l’attrait pour les visiteurs potentiels de partout au Canada et de l’étranger. Les travaux de la CCN visant à préserver les principaux biens patrimoniaux d’intérêt national dans le marché By et à créer de nouveaux attraits d’importance régionale, nationale ou internationale sur les plaines LeBreton ou sur les berges des rivières Rideau, Gatineau et des Outaouais, ainsi que du canal Rideau, ajoutent à l’attrait de la région comme destination.

L’architecture et le design sont des expressions de la culture. La CCN recherchera un design inspirant et de grande qualité dans ses projets et dans ceux de ses partenaires fédéraux, en faisant la promotion de normes élevées en matière d’accessibilité et de durabilité pour les éléments de la capitale. L’aménagement de lieux de grande qualité sur les plans de l’architecture, de l’aménagement paysager et du design urbain, respectant leurs alentours et créant un sentiment d’appartenance véritable et mémorable plus profond que celui qui se dégage normalement d’un milieu urbain typique, embellit la capitale et la rend plus attrayante.

Le patrimoine culturel très diversifié de la région de la capitale témoigne des époques successives d’exploration et d’établissement. Les routes de portage, qui prouvent qu’on naviguait sur les cours d’eau, et les traces de la présence autochtone très ancienne le long des berges sont encore visibles aujourd’hui et renferment des vestiges remontant à des millénaires. Le développement du commerce du bois et la construction du canal Rideau — une merveille d’ingénierie qui a ouvert en 1832 — ont modifié les paysages naturels le long des rivières et sur les îles au cours du XIXe siècle. Compte tenu de sa valeur patrimoniale exceptionnelle, le canal est protégé en vertu de la Loi sur les lieux et monuments historiques en tant que lieu historique national. En 2007, l’UNESCO l’a désigné site du patrimoine mondial.

De riches entrepreneurs forestiers se sont fait construire d’imposants manoirs des deux côtés de la rivière des Outaouais. Bytown, renommée Ottawa en 1855, est devenue la capitale par proclamation royale en 1857. À la fin du XIXe siècle, sous l’influence du mouvement Monumental Capital en vigueur à l’époque, on s’est attaché à édifier une « grande capitale du monde ». La construction de la Cité parlementaire au-dessus de la rivière des Outaouais, conçue de manière à créer un ensemble paysager, en fut la première manifestation. Le caractère verdoyant de la capitale captivait également l’imagination, cet aspect étant profondément enraciné dans les convictions du mouvement City Beautiful de l’époque victorienne : côtoyer la beauté et en jouir grâce à la nature et aux jardins. On peut d’ailleurs l’observer dans les travaux d’architectes paysagistes importants, comme Frederick Law Olmsted, Frederick Todd et Calvert Vaux. Au cours des 120 années qui ont suivi, chaque mouvement architectural d’avant-garde a laissé sa marque dans la capitale sous la forme d’édifices abritant des institutions nationales qui sont devenus des points d’intérêt emblématiques. Plusieurs de ces édifices des XXe et XXIe siècles ont reçu des prix d’architecture et de design urbain.

Ont aussi façonné le caractère de la capitale les différentes vagues d’immigration, des premiers ouvriers canadiens-français, irlandais et écossais qui ont travaillé à la construction du canal Rideau dans les années 1820, jusqu’aux immigrants récents de cultures diverses de partout dans le monde. La diversité culturelle du Canada et de la capitale a amené avec elle de nouvelles façons de voir et de nouvelles valeurs qui en ont façonné à la fois la forme physique et la vie culturelle.

La conservation est un volet essentiel du mandat de la CCN. Comprendre le tissu patrimonial de la capitale sous toutes ses formes — le patrimoine bâti, l’archéologie et les paysages culturels, ainsi que le patrimoine immatériel (savoir-faire, connaissances et traditions) — est fondamental pour planifier l’avenir. La CCN sera une chef de file dans l’intendance et la gestion de ses biens patrimoniaux. Les interventions dans un lieu patrimonial ou ses alentours immédiats doivent s’appuyer sur une solide compréhension de sa valeur patrimoniale et sur la conservation de ses caractéristiques patrimoniales.

Les sites archéologiques de la capitale recèlent de nombreux artéfacts et permettent de mieux interpréter la présence des Autochtones et leur apport à la région. Plusieurs sites archéologiques industriels, de même que plusieurs ouvrages et édifices, comme le moulin Thompson Perkins, témoignent du rôle de l’industrie du bois dans le développement de la capitale et contribuent à son paysage culturel.

Les ressources archéologiques représentent un volet important de l’histoire de la région et doivent donc être protégées. Un meilleur accès physique aux sites et un accès en ligne accru aux artéfacts permettront de mieux faire comprendre et apprécier leur importance.

Les apports contemporains à cet héritage culturel permettent de réaliser l’aspiration de créer une grande capitale du monde. Il est essentiel de continuer à promouvoir l’excellence, la créativité et l’innovation en matière de design afin de créer des lieux où il fait bon vivre qui soutiennent et mettent en valeur le caractère particulier de la capitale. Il est important de créer des lieux où les gens se sentent les bienvenus.

Les œuvres d’art public contribuent à la création d’espaces en puisant dans le vocabulaire des pratiques en art contemporain, parfois en remettant en question nos conventions en matière d’espace public. Elles mettent aussi en évidence les talents canadiens ou étrangers et permettent aux gens d’apprendre sur l’histoire.


Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN s’efforcera de protéger les édifices et les lieux patrimoniaux et de leur redonner vie en leur trouvant de nouvelles vocations qui respectent leur caractère, qui sont compatibles avec les éléments patrimoniaux à préserver et qui permettent d’y intégrer adéquatement des dispositifs d’accessibilité. Elle appliquera des critères d’aménagement propres aux projets. La CCN accordera une attention particulière à l’architecture du XXe siècle.
  2. La CCN fera la promotion de la qualité du design pour encourager la création de lieux, de bâtiments, d’ouvrages et de paysages adaptés, accessibles, durables et de conception réfléchie.
  3. La CCN continuera de privilégier l’utilisation de ses terrains pour la tenue d’activités culturelles nationales et d’appuyer la création artistique. Des activités locales et régionales seront permises sur les terrains de la CCN si elles sont compatibles avec leur vocation nationale et lorsqu’aucun terrain municipal n’est disponible comme solution de rechange.
  4. La CCN tiendra un répertoire des terrains propices à la construction de nouvelles institutions culturelles nationales, si les ressources le permettent. Un cadre de référence particulier servira de guide à cet effet. Il pourrait s’agir de nouvelles installations destinées à la musique, au portrait et à l’art contemporain ou encore aux reconnaissances nationales.
  5. La CCN travaillera avec ses partenaires fédéraux pour ajouter et mettre en valeur des œuvres d’art de la plus grande qualité dans le domaine public de la capitale, à la fois en propre ou intégrées à d’autres projets d’aménagement.
  6. La CCN soutiendra la diversité des arts dans la capitale en autorisant l’utilisation de ses terrains par des organisations à but non lucratif et des établissements d’enseignement pour des activités temporaires, si cela est indiqué.
  7. La CCN encouragera la création d’une image numérique en ligne de la capitale promouvant l’accueil, l’ouverture et la transparence de même que l’accès au patrimoine, ainsi que des visites guidées stimulantes de la capitale.
  8. La CCN travaillera avec ses partenaires fédéraux, locaux et du secteur privé afin que le cœur de la capitale devienne entièrement bilingue, car la reconnaissance du bilinguisme officiel du Canada constitue un élément central de l’identité nationale et régionale.
  9. La CCN favorisera une approche de collaboration régionale pour la planification de l’offre culturelle en partenariat avec les administrations municipales et les groupes communautaires.
  10. La CCN continuera de travailler avec Parcs Canada pour protéger et animer le site du patrimoine mondial du canal Rideau et pour s’assurer que les aménagements sur ses berges respectent le plan de gestion de ce site soumis à l’UNESCO.