La capitale et l’économie régionale

Le gouvernement fédéral est un des grands employeurs de la région. Les salaires versés à la fonction publique fédérale dans la région de la capitale nationale contribuent à la stabilité de l’économie régionale. Les activités du gouvernement fédéral soutiennent aussi un nombre important d’emplois indirects dans des secteurs comme les services professionnels, la construction et la technologie. De plus, les activités du CNRC et d’autres organismes fédéraux de recherche ont aidé à attirer de grandes entreprises de recherche dans la région. Enfin, nombre d’entreprises se sont établies dans la capitale pour répondre à la demande en biens et en services du gouvernement fédéral.

Avec le temps, les secteurs touristique et culturel sont aussi devenus d’importantes sources d’emplois et d’activités économiques dans la région. La présence du gouvernement fédéral concourt à la croissance soutenue de ces deux secteurs.

Rendu architectural des Terrasses de la Chaudière

Rendu architectural des Terrasses de la Chaudière

L’activité du gouvernement fédéral demeurera une composante déterminante de l’économie de la région dans l’avenir. Toutefois, son importance relative diminuera probablement par rapport aux autres secteurs économiques de la région de la capitale, tels que la recherche, la technologie, les soins de santé et la culture. Les institutions scientifiques nationales, ainsi que plusieurs grands établissements postsecondaires privés et publics, attirent des étudiants et des chercheurs de partout au Canada et dans le monde, procurant ainsi à la capitale la réputation d’un centre d’innovation. La présence d’une population hautement scolarisée dans une région diversifiée où il fait bon vivre procure au gouvernement un grand bassin de talents dans lequel puiser.

L’attrait de la région et sa compétitivité en matière d’attraction et de rétention des travailleurs compétents influeront sur l’efficacité de la fonction publique fédérale et l’exécution des programmes fédéraux. De même, les attentes de ces travailleurs et de leurs familles auront une incidence sur le développement urbain de la région. Leurs aspirations sur les plans du bien-être, de l’ouverture, de la qualité de lieu et de la stabilité économique contribueront à créer une région de la capitale dynamique.

À quoi ressemblera la capitale du Canada dans 50 ans? La croissance et les changements extraordinaires qu’a connus la capitale depuis 1967 dépassent de beaucoup ce qu’envisageait comme possible Jacques Gréber dans les années 1950. Aujourd’hui, en raison des avancées technologiques rapides, les changements sociaux et démographiques modifient la répartition de l’emploi dans l’économie urbaine en évolution de la capitale. Les changements qui se produisent dans les lieux de travail de la main-d’œuvre fédérale reflètent ceux observés dans le secteur privé, où les espaces de travail deviennent plus axés sur la collaboration, l’optimisation de l’espace, la flexibilité et l’accessibilité universelle. Les modalités de travail flexibles et l’utilisation de la technologie changent les exigences d’aménagement des installations de l’administration publique fédérale.

La main-d’œuvre hautement qualifiée de l’avenir disposera d’un mélange d’espaces formels et informels lui permettant d’être reliée à son travail grâce aux communications sans fil. Les limites entre zones de vie, de travail et de loisir s’estomperont probablement. Avec le temps, l’aménagement du territoire et la planification des installations de l’administration publique fédérale suivront ce modèle. Des secteurs à usages mixtes, où le travail et l’habitation sont plus proches ou intégrés, aideront les gens à réduire les temps de navettage. Les applications issues des concepts de ville ouverte et intelligente faciliteront les habitudes et les modes de déplacement quotidiens. Ces technologies aideront à surveiller la consommation d’énergie et à améliorer l’efficacité globale de la production et de la distribution des ressources.

Dans un monde où les régions métropolitaines se feront probablement encore davantage concurrence pour attirer les talents et les capitaux, des atouts tels que la qualité de vie et de l’environnement et le caractère du lieu seront déterminants pour leur réussite. Les villes devront faire preuve d’une plus grande habileté relativement à la circulation des travailleurs, des marchandises et des services afin de mieux faire face à l’augmentation des coûts des ressources énergétiques et hydriques. Elles devront également améliorer l’efficacité des systèmes de chauffage et de climatisation des immeubles, de même que la production et l’approvisionnement alimentaires.

De nouvelles infrastructures seront essentielles. Les réseaux intelligents pourraient avoir des effets importants sur la vie quotidienne et seront essentiels à la planification et à la gestion des organismes et des systèmes urbains et métropolitains complexes. Des terrains publics faisant spécifiquement partie de l’héritage de la capitale peuvent représenter des atouts pour favoriser ce dynamisme futur. Leur valeur n’est pas qu’économique : elle est symbolique, culturelle, scientifique, esthétique et écologique, et ces terrains contribuent à la résilience sociale.

Le présent plan soutient pleinement le renouvellement des complexes d’emplois fédéraux par l’ajout d’autres usages (p. ex. habitation, commerce de détail et bureaux), en particulier près des stations de transport en commun rapide. Tel qu’il a été exposé au chapitre 3, les pôles d’emplois fédéraux existants, comme le pré Tunney et les buttes de la Confédération, ainsi que certains complexes du secteur du cœur, comme la Place du Portage, s’adapteront progressivement afin de mieux s’intégrer aux quartiers avoisinants.


Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. La CCN guidera le réaménagement des plaines LeBreton en tant qu’élément central d’un secteur revitalisé de la capitale.
  2. La CCN appuiera SPAC dans son rôle de fournisseur de locaux à l’administration fédérale dans des endroits qui contribueront à l’édification de la capitale et de la ville, et ce, par une planification cohérente contribuant à la réalisation des priorités des municipalités en matière de gestion de la croissance.
  3. Le dessaisissement de certains terrains excédentaires aidera à atteindre les objectifs régionaux de consolidation et d’intensification dans le secteur
    urbain actuel.
  4. Les aliénations et les acquisitions de terrains fédéraux dans la région de la capitale nationale se feront d’une manière claire et transparente, selon le principe de la juste valeur marchande.
  5. Les changements liés aux locaux de l’administration fédérale comprendront la localisation des installations à proximité de services de transport collectif facilement accessibles. La rénovation ou le remplacement de bâtiments dont la conception permet d’en améliorer le rendement énergétique et l’accessibilité contribuera au développement durable de la région et réduiront les incidences environnementales.
  6. Dans tous les aspects liés à son mandat, la CCN favorisera l’utilisation et le développement de technologies intelligentes, ainsi que le partage et l’échange d’information dans le cadre de partenariats avec d’autres organismes fédéraux et les municipalités, afin d’atteindre des normes élevées en matière d’efficacité.
  7. La CCN appuiera l’objectif du CNRC de faire du 100, promenade Sussex la pièce maîtresse d’un pôle de collaboration et de réseautage en science, en technologie et en innovation qui soutient la capacité et la visibilité de l’innovation canadienne.