Les cités parlementaire et judiciaire

En 2067, la Cité parlementaire et la Cité judiciaire revêtiront une signification encore plus profonde en tant qu’organes centraux de l’identité canadienne. La Cité parlementaire est le siège des fonctions législatives du gouvernement du Canada, ce qui comprend la Chambre des communes, le Sénat du Canada et la Bibliothèque du Parlement. La Cité judiciaire est le siège de la Cour suprême du Canada, le plus haut tribunal du pays. Bibliothèque et Archives Canada est l’organisme qui préserve notre mémoire et notre identité nationales et qui les rend accessibles à tous.

Les édifices du Parlement, de style néogothique, ont été construits de 1859 à 1866. Thomas Fuller et Chilion Jones ont conçu l’édifice du Centre, tandis que Thomas Stent et Augustus Laver ont conçu les édifices de l’Est et de l’Ouest. Quant aux terrasses, aux allées et au parterre gazonné principal, ils ont été aménagés plus tard selon un plan élaboré par Calvert Vaux. Après l’incendie de 1916, le gouvernement a révisé la conception de l’édifice du Centre, puis l’a reconstruit, et ces travaux ont pris fin en 1927.

Dans le rapport Holt, Edward Bennett reconnaissait et soulignait la prééminence de la colline du Parlement :

« La colline du Parlement, à cause de l’importance de ses édifices et de son élévation naturelle, constitue la caractéristique dominante d’Ottawa et doit toujours le demeurer. Tous les autres ensembles gouvernementaux doivent lui être subordonnés, tant sur le plan architectural que dans les faits et, au lieu d’entrer en concurrence avec lui, devraient accroître son importance relative et mettre en valeur la beauté et la dignité de ses bâtiments. » [Traduction]

En face de la Cité parlementaire, soit du côté sud de la rue Wellington, de la rue Bank à la place de la Confédération, se trouve un ensemble d’édifices importants comprenant la Banque du Canada, la banque centrale du pays qui a la responsabilité de son système financier et de sa gestion financière, ainsi que l’édifice Langevin, qui abrite le Cabinet du premier ministre et le Bureau du Conseil privé. D’autres édifices néoclassiques, tels que l’édifice Wellington, l’édifice Sir-John-A.-Macdonald (anciennement la Banque de Montréal) et le 100, rue Wellington, agrémentent la rue et procurent des locaux à bureaux et des salles de réunion.

Depuis 1914, le gouvernement fédéral et l’administration municipale ont contrôlé la hauteur des édifices dans le centre-ville d’Ottawa. Tel qu’il est indiqué dans le rapport Holt, la première limite de hauteur des édifices d’Ottawa, soit la distance séparant la surface du trottoir et le point le plus haut d’un édifice proposé, avait été établie à 110 pieds (33,5 mètres) :

« Si les villes d’Ottawa et de Hull doivent acquérir et conserver une apparence de capitale, toutes les précautions doivent être prises pour éviter que les édifices commerciaux n’atteignent une hauteur qui risquerait de nuire à la beauté et à l’importance des édifices gouvernementaux. Cela vaut tant pour les vues rapprochées que pour les premiers aperçus qui se dessinent lorsqu’on s’approche de la ville en train ou en automobile. » [Traduction]

Le cadre physique de la capitale forme un ensemble unique et mémorable de grande importance à l’échelle de la ville, du pays et du monde, et c’est l’aspect dont bon nombre de visiteurs se souviennent le plus. Afin que les symboles nationaux demeurent prédominants dans le paysage visuel de la capitale, la CCN et les administrations municipales doivent renforcer la politique de protection des vues. La CCN emploiera des outils modernes de modélisation numérique pour évaluer l’incidence des nouveaux aménagements proposés à proximité de la Cité parlementaire. Elle travaillera aussi en partenariat avec la Ville d’Ottawa et la Ville de Gatineau pour veiller à protéger les vues alors que les secteurs urbains du cœur de la capitale connaissent une intensification accrue.

Le gouvernement fédéral doit particulièrement veiller à la préservation des édifices et des lieux patrimoniaux caractéristiques qui abritent ses installations. Des investissements continus et une attention constante seront donc nécessaires pour rénover et mettre en valeur les édifices et les paysages afin qu’ils puissent remplir leur fonction essentielle à long terme.


Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) terminera la restauration et la réhabilitation des édifices du Parlement (ou du Centre), de l’Est et de l’Ouest à temps pour le bicentenaire de la Confédération. Cela comprendra la construction d’un centre d’accueil des visiteurs. L’institution du Parlement continuera d’évoluer au cours des 50 prochaines années, et l’innovation et l’excellence en design continueront d’être mises en valeur sur la colline du Parlement de manière à ce que le siège du gouvernement reflète la croissance du Canada en tant que nation et que le caractère et les attributs patrimoniaux des lieux soient protégés et préservés.
  2. SPAC terminera le centre d’accueil des visiteurs et le plan d’aménagement paysager. D’autres améliorations seront apportées aux lieux, notamment en matière de sécurité et d’accessibilité universelle, afin de répondre aux besoins des parlementaires et des visiteurs. Les cités continueront d’évoluer d’une manière qui renforcera le paysage culturel historique et l’architecture néogothique pittoresque des bâtiments. Le Plan prévoit l’élimination graduelle du stationnement de surface dans la Cité parlementaire et la Cité judiciaire.
  3. Le réaménagement des édifices du côté sud de la rue Wellington procurera des locaux à bureaux supplémentaires aux fonctions du Parlement et du gouvernement fédéral et assurera la réutilisation adaptée de bâtiments importants pour améliorer l’expérience des visiteurs dans ce secteur.
  4. Avec le temps, le précieux paysage de la colline du Parlement concrétisera la vision grandiose exprimée au mieux par Edward Bennett. L’élimination du stationnement de surface, la renaturalisation de l’escarpement et l’ajout d’éléments commémoratifs enrichiront encore davantage la Cité parlementaire.
  5. La CCN appuiera le renouvellement et le renforcement de la politique de protection des vues pour assurer la primauté visuelle des symboles nationaux, de manière à ce que la silhouette de la colline du Parlement, qui surplombe la rivière des Outaouais, demeure évocatrice et le symbole le plus connu de la capitale et à ce que son escarpement naturel restauré continue de mettre le lieu en valeur, de jour comme de nuit.
  6. La rue Wellington se transformera à mesure que les modes de déplacement (marche, cyclisme, transport collectif et automobile) changeront pour tenir compte des besoins en matière de sécurité et de transport public. Cela permettra d’améliorer le potentiel piétonnier et l’attrait esthétique de la rue, par l’ajout d’arbres et d’éléments commémoratifs, ainsi que d’éclairage et de mobilier urbain attrayants.
  7. En consultation avec la CCN, SPAC mettra à jour la vision et le plan à long terme de la Cité parlementaire en vue de répondre aux besoins futurs en matière de locaux dans les édifices neufs et rénovés.