Les cours d’eau et les berges

La capitale du Canada est une capitale riveraine. Elle est située au confluent de trois rivières : la rivière des Outaouais, la rivière Gatineau et la rivière Rideau. Cette situation a été déterminante dans l’itinéraire commercial des Premières Nations, puis beaucoup plus tard, dans la décision de faire d’Ottawa la capitale nationale et d’y établir le Parlement. La rivière des Outaouais, qui formait la frontière entre le Haut et le Bas-Canada, est maintenant un élément unificateur important dans l’histoire de la région. En 2016, le côté ontarien a été désigné au nombre des rivières du patrimoine canadien.

La rivière Rideau et la rivière Gatineau se jettent dans la rivière des Outaouais. Ces trois rivières forment ainsi un des réseaux hydrographiques les plus longs du Canada, soit 1 271 kilomètres, et la superficie de leur bassin hydrographique est d’environ
146 000 kilomètres carrés. La rivière Gatineau, qui s’étend sur presque 400 kilomètres de longueur, a été une importante voie navigable à partir du nord. Le canal Rideau traverse les réseaux des rivières Rideau et Cataraqui sur plus de 200 kilomètres du sud d’Ottawa au port de Kingston sur le lac Ontario. En 2007, l’UNESCO a ajouté le canal Rideau à sa prestigieuse liste des sites du patrimoine mondial.

Coulant au centre de la région de la capitale nationale, la rivière des Outaouais trace toujours la frontière entre le Québec et l’Ontario. Elle était autrefois le principal moyen de transport vers l’intérieur. La confluence des trois rivières de la capitale est au cœur du territoire algonquin anishinabé traditionnel. La configuration des rivières et des routes de portage a servi de base géographique aux premiers colons qui se sont établis de façon permanente dans la région et de point de départ pour l’exploration du continent par les Européens.

Les efforts d’embellissement qui ont été entrepris dès la proclamation de la capitale en 1857 ont entraîné une conversion graduelle des sites industriels situés le long des berges en espaces de verdure aménagés. Avec le déclin de l’industrie du bois d’œuvre dans la capitale au début du XXe siècle sont apparues de nouvelles possibilités de récupérer les berges à des fins d’usage public. Les visions successives en matière d’aménagement ont entraîné la création des terrains riverains accessibles au public le long des rivières Rideau et des Outaouais et du canal Rideau. La création de la promenade du Canal (maintenant la promenade de la Reine-Elizabeth) et de son décor pittoresque a permis d’orner le canal de sentiers et de jardins accessibles. La construction de la promenade de Rockcliffe (maintenant la promenade
Sir-George-Étienne-Cartier) a coïncidé avec la création du parc du même nom, qui offre aux résidants ainsi qu’aux visiteurs un décor bucolique et un espace de loisir surplombant la rivière. Le Plan d’aménagement de la capitale nationale de Gréber proposait le déplacement des installations industrielles et des chemins de fer vers la périphérie urbaine pour moderniser et embellir davantage la capitale.

Les cours d’eau de la région offrent des possibilités récréatives aux résidants et aux visiteurs. Ils procurent des vues magnifiques sur des paysages naturels et offrent une occasion unique d’entrer en contact avec le patrimoine culturel et le milieu naturel environnant. Trésors à préserver pour les générations futures, ces cours d’eau revêtent de multiples significations qui seront évoquées en divers endroits le long des berges.

La santé écologique des bassins hydrographiques et la protection de la qualité de l’eau sont de la plus haute importance lorsqu’on considère la conservation à long terme des cours d’eau et de leurs berges. Certains endroits feront l’objet d’une utilisation active, mais de grandes zones des berges devront être protégées, restaurées et naturalisées.

Un des éléments qui caractériseront les villes du XXIe siècle sera la grande attention qu’elles porteront à l’utilisation publique de leurs cours d’eau et de leurs berges. En 2067, le réseau réinventé des berges améliorera l’accessibilité et la jouissance publiques des terrains riverains. Les vues et les panoramas de haute qualité seront protégés et mis en valeur. Les terrains fédéraux joueront un rôle essentiel dans la restauration de la qualité des cours d’eau afin que ceux-ci soient viables, écologiquement variés et propices à la baignade.

Les berges abriteront des lieux animés servant à des activités culturelles et nautiques et des lieux où les gens de tous âges, de toutes capacités et à différentes étapes de vie se sentiront chaleureusement accueillis dans la capitale. Plusieurs aires de repos permettront de renouer avec la nature, d’accéder aux cours d’eau, de déambuler le long d’un sentier d’interprétation ou de piqueniquer dans un paysage pittoresque sans pareil. La propriété publique des berges permet aux visiteurs et aux résidants de redécouvrir les usages historiques des cours d’eau de la région dans le cadre d’activités d’animation et d’interprétation des lieux. La promotion d’activités de loisir nautiques, comme la navigation de plaisance, contribuera encore davantage à l’utilisation active de ces cours d’eau. La valeur des promenades à titre d’infrastructure verte augmentera de manière exponentielle avec la croissance de la région.

L’ensemble de ces mesures permettra de réinventer la culture de l’eau qui existait autrefois dans la région de la capitale. On veillera à maintenir un équilibre entre, d’une part, l’accès aux cours d’eau et l’ajout d’installations de services sur les terrains riverains et, d’autre part, la préservation de la santé des cours d’eau.


LES COURS D’EAU ET LES BERGES

Principales orientations stratégiques pour les 50 prochaines années

  1. Les espaces verts riverains demeureront des espaces publics de premier plan, mais de nouvelles structures et de nouveaux partenariats seront établis pour y favoriser davantage l’accès public, la pratique d’activités et l’offre de services, tout en améliorant la qualité des habitats naturels dans les secteurs où il y a moins d’activité. Davantage de lieux donneront accès à l’eau et permettront aux gens d’en profiter le long de la rivière des Outaouais, dans le secteur du cœur, ainsi que dans les corridors verts des promenades.
  2. Destinés à l’usage des gens, les corridors des promenades actuelles seront transformés en parcs linéaires riverains répondant aux besoins d’un centre urbain qui se sera densifié. Ces espaces verts mettront en valeur les qualités naturelles panoramiques, culturelles et récréatives de la capitale en favorisant l’accessibilité et la mobilité active et en permettant aux gens de profiter des cours d’eau.
  3. La pointe Nepean, une destination importante de la capitale, sera réaménagée et améliorée en vue d’en faire un point d’intérêt et un belvédère remarquables, et afin qu’elle fasse partie intégrante d’une promenade riveraine continue du canal Rideau à la rivière Rideau.
  4. La CCN continuera de travailler en partenariat pour permettre la tenue, dans les parcs riverains actuels, d’activités compatibles avec leur vocation, et pour maintenir l’accès à des lieux servant à la réalisation de programmes nationaux.
  5. La CCN préparera des plans portant spécifiquement sur les espaces riverains qui définiront comment l’utilisation des terrains peut favoriser l’accès public, tout en protégeant les éléments écologiques sensibles, les paysages culturels, ainsi que le patrimoine archéologique et bâti.
  6. La CCN et ses partenaires fédéraux amélioreront les terrains riverains afin de réinventer la culture de l’eau florissante qui s’est perdue au cours du dernier siècle. La CCN investira dans le réaménagement des berges en vue d’offrir de nouveaux mouillages et de nouveaux quais en dehors des zones écologiquement sensibles, ainsi que de nouveaux espaces verts de repos afin d’offrir un meilleur accès aux plans d’eau pour l’usage d’embarcations ou la pratique d’activités récréatives douces ou à faible impact. Elle améliorera les liens vers les îles des rivières, bien que certaines d’entre elles seront préservées et laissées à leur état naturel.
  7. Les systèmes de transport le long des berges posséderont une capacité piétonnière et cyclable accrue. De nouveaux passages sécuritaires seront créés pour ces usagers dans les corridors de transport. Les promenades continueront de faire partie du réseau d’espaces verts urbains de la capitale, formant une chaîne de parcs linéaires et de corridors verts et donnant accès aux berges des cours d’eau et aux institutions de la capitale.
  8. La CCN collaborera avec les locataires de ses propriétés agricoles à l’amélioration des pratiques agricoles pour réduire les impacts environnementaux sur les cours d’eau avoisinants.
  9. Les efforts continus de la CCN pour réaménager les plaines LeBreton favoriseront l’animation sur les berges.
  10. Les corridors protégés contribueront à préserver les zones inondables et les berges des cours d’eau, à protéger la qualité de l’eau, à sauvegarder les paysages culturels, à permettre la pratique d’activités récréatives passives, à offrir des panoramas et à assurer la liaison entre le réseau d’espaces verts du secteur urbain et ceux de la grande région de la capitale.
  11. Lorsque les infrastructures riveraines (dont celles servant au rejet de l’eau pluviale et les installations électriques, de chauffage et de climatisation) arriveront au terme de leur vie utile, les ministères et organismes fédéraux chercheront des solutions de remplacement plus discrètes, c’est-à-dire ayant un faible impact visuel sur les berges pittoresques, ou utiliseront des écrans visuels adéquats, particulièrement dans le secteur du cœur.
  12. La CCN collaborera avec les municipalités à l’amélioration des bonnes pratiques de gestion des eaux de ruissellement, notamment en améliorant progressivement les techniques de gestion de la qualité de l’eau, et elle réalisera des travaux de restauration. On gérera les débits de ruissellement pour éviter la dégradation des corridors des ruisseaux et des rivières. La CCN mettra en œuvre la politique encadrant l’utilisation de ses terrains pour les nouvelles infrastructures de contrôle de la qualité de l’eau. Celle-ci s’applique dans le cas où la municipalité n’a pas d’autre choix que d’utiliser des terrains fédéraux.