Cette section renferme un résumé des conditions actuelles, définit les principaux enjeux et aborde les possibilités et les défis entourant les déplacements interprovinciaux dans la région de la capitale du Canada (la « Région »).

Conditions actuelles et nouvelles tendances

Les principales conditions et les tendances à long terme en matière de déplacements sont décrites ci-dessous :

  • À l'heure de pointe du matin, près de 10 % de tous les déplacements dans la région franchissent la rivière des Outaouais.
  • C’est en direction d'Ottawa qu’on se déplace principalement au cours de l'heure de pointe du matin et dans le sens contraire en après-midi. Cette situation témoigne du nombre élevé de travailleurs qui se déplacent de Gatineau vers Ottawa sur une base quotidienne (voir la Pièce 1).
  • Au cours de l'heure de pointe du matin en direction d'Ottawa, les cinq ponts interprovinciaux atteignent presque ou dépassent la capacité pour laquelle ils avaient conçus, ce qui entraîne de la congestion, en particulier sur les traverses des Chaudières et Alexandra (voir la Pièce 2). Dans le cas des déplacements auto en direction opposée (en direction de Gatineau), la congestion est bien moindre.
  • On assiste depuis quelques années à une augmentation du nombre de déplacements en transport en commun, à vélo et à pied, mais les déplacements auto en direction d'Ottawa continuent de représenter presque les deux tiers (64 %) de tous les déplacements à l'heure de pointe du matin.
  • La région prévoit compter 300 000 résidents additionnels d’ici 2031, la majeure partie de cette croissance attendue dans la zone centrale et au sein des banlieues périphériques d'Ottawa et de Gatineau.
  • Au fur et à mesure que la population augmentera, le nombre d’emplois en fera autant. On s’attend à ce que le centre d'Ottawa et les principaux pôles d’emplois restent les endroits dominants pour les nouveaux emplois dans la région, même si le télétravail et d’autres tendances émergentes pourraient exercer leur influence, ce qu’on examinera au cours des phases subséquentes du plan.
  • Les déplacements auto interprovinciaux à l'heure de pointe devraient augmenter de 21 % d’ici 2031. On s’attend à ce que les déplacements en direction de l'Ontario augmentent plus rapidement, soit au rythme de 25 %, même si le télétravail, l’école à distance et d’autres tendances émergentes pourraient influencer cette croissance, ce qu’on examinera au cours des phases subséquentes du plan.
  • On devrait préciser que la pandémie actuelle est venue modifier les habitudes de déplacements des personnes. Les impacts continus de ces changements sont difficiles à prévoir pour l’instant. On surveille cependant les changements et on en tiendra compte au cours des phases subséquentes du plan.
  • On devrait aussi préciser que toutes les prévisions et tendances seront extrapolées aux conditions 2046/2050 au cours des phases subséquentes du Plan.
Pièce 1: Débits de circulation en période de pointe les jours ouvrables selon le pont, le mode de transport et la direction
Pièce 2: Rapport entre le débit et la capacité des cinq ponts interprovinciaux

On assiste à l’émergence de tendances plus vastes en matière de société et de consommation. Ces tendances diffèrent de ce qu’elles étaient, et on s’attend à ce qu’elles influencent le mouvement des personnes et des marchandises dans la région. Ces tendances comprennent :

  • Une sensibilisation publique accrue à l’impact des changements climatiques sur nos modes de vie et notre bien-être, et à la contribution du transport par véhicule particulier aux émissions de gaz à effet de serre. On constate également une ouverture accrue de la part du public et des employeurs lorsque vient le temps de faire des choix ‘écologiques’ pour les déplacements.
  • Des politiques écologiques plus répandues à tous les paliers de gouvernement qui encouragent l'utilisation de modes de transport durables pour les personnes et les marchandises.
  • Une transition accrue vers les technologies liées aux transports, comme les véhicules électriques, les véhicules automatisés, les drones et la mobilité en tant qu’option de service (par exemple, Uber, Lyft).
  • Des diminutions du nombre de déplacements domicile-travail réguliers en raison de la COVID-19, à cause du télétravail, de l’école à distance et de l’augmentation du magasinage en ligne.
  • L’attention accrue consacrée à la conception de rues capables d’accueillir les usagers de tout âge et de toute habileté, ainsi que des méthodes de déplacement variées, et d’offrir un accès plus équitable.

Besoins et possibilités

Les principaux défis en ce qui a trait aux déplacements interprovinciaux sont énoncés ci-dessous :

  • Demande de déplacements
    • Les investissements prévus dans les infrastructures de transport en commun et de transport actif feront probablement en sorte qu’on utilisera davantage ces méthodes de transport, mais malgré tout, les prévisions continuent de montrer que chacun des cinq ponts aura dépassé d’ici 2031 la capacité auto pour laquelle il a été conçu. Cela signifie qu’on devra en faire davantage pour faciliter les déplacements durables, comme les autobus et le train léger, la marche et le vélo, ainsi que d’autres moyens de transport écologiques.
    • À court terme, le remplacement prévu du pont Alexandra et la réhabilitation prévue de la traverse des Chaudières auront pour effet d’augmenter la congestion sur les autres ponts. La conception et la vocation future de ces ponts influenceront les besoins à long terme en matière de capacité de transport interprovincial.
  • Sécurité
    • Il importe d’améliorer la séparation entre les cyclistes, les piétons et les véhicules aux ponts interprovinciaux et aux approches de ces ponts.
  • Gouvernance multigouvernementale
    • La région de la capitale du Canada regroupe plusieurs municipalités et deux provinces. Pour cette raison, la collaboration entre les différents paliers de gouvernement est nécessaire afin de coordonner la planification du transport interprovincial et la prestation des services. Dans ce plan stratégique, on examinera et on recommandera un cadre de gouvernance visant à faciliter la planification à long terme et la mise en place de transport interprovincial, y compris du transport en commun, cohérent et bien pensé.

Certaines des possibilités éventuelles pour relever ces défis à long terme sont décrites ci-dessous :

  • Des services de transport en commun interprovincial plus unifiés et mieux intégrés offrant un service mieux connecté et aidant à réduire la dépendance à l'égard des véhicules particuliers.
  • En combinant au transport en commun des options de « nouvelle mobilité », comme le covoiturage sur demande (par exemple Uber et Lyft) ou le vélo-partage électrique, on pourrait faciliter les déplacements porte-à-porte, même sur de longues distances, par exemple d’une banlieue à l’autre.
  • Rééquilibrer la proportion des emplois fédéraux entre Ottawa et Gatineau de manière à réduire l’actuel déséquilibre des déplacements interprovinciaux et la congestion qui s’ensuit pendant les périodes de pointe.
  • Des incitatifs pour encourager les modes de déplacement plus durables, comme des péages, la tarification routière ou des zones sans autos, favorisant ainsi le recours à d’autres méthodes ou les déplacements à des heures du jour où les routes sont moins achalandées.