
L’hiver représente un véritable défi pour la faune et la flore de la région, même dans les aires de conservation comme le parc de la Gatineau et la Ceinture de verdure. Savez-vous comment survivent les animaux et les plantes quand le temps est glacial? Lorsque l’ensoleillement est faible et quand la nourriture se fait rare?
La survie des animaux en hiver
Le froid, la neige et la rareté de la nourriture rendent l’hiver difficile pour nos animaux. Heureusement, ils ont trouvé des moyens astucieux pour survivre à ces conditions. Certains migrent, d’autres hibernent et d’autres encore s’adaptent.
La migration
Certains animaux évitent l’hiver en migrant. C’est-à-dire qu’ils se rendent là où il fait plus chaud et où la nourriture abonde. Mais migrer n’est pas facile, car la route est longue et ils doivent trouver assez de nourriture en chemin pour subvenir à leurs besoins.
Les oiseaux sont des migrateurs bien connus. Saviez-vous que d’autres animaux migrent également? Certaines espèces de chauves-souris et même d’insectes, comme les monarques, parcourent-elles aussi de grandes distances pour échapper au froid.
L’hibernation
Les animaux qui hibernent ont la faculté d’abaisser leur température corporelle et de ralentir leur rythme cardiaque et leur métabolisme, pour économiser leur énergie. Leur survie dépend de la quantité de graisse corporelle qu’ils ont accumulée et des réserves alimentaires qu’ils ont cachées avant l’hiver.
Les espèces qui hibernent profondément, comme les grenouilles et les marmottes, ne se réveillent pas avant le printemps, même si elles sont dérangées. D’autres, comme les ours et les ratons laveurs, ont le « sommeil » léger et se réveillent parfois quand il y a un redoux.
Saviez-vous que la minuscule rainette faux-grillon produit un antigel qui empêche ses cellules de geler? C’est fascinant!

L’adaptation
Pour les braves bêtes qui restent ici toute l’année et qui demeurent actives, la nature a imaginé divers moyens de survie. Les stratégies d’adaptation varient d’une espèce à l’autre. Par exemple :
- épaississement de la fourrure ou des plumes
- virage au blanc du pelage, comme moyen de camouflage dans la neige
- accumulation de graisse corporelle
- entreposage de nourriture dans des cachettes
- aménagement de tanières hivernales
- faculté de repérage de la nourriture sous la neige
En voici d’autres, plus spécifiques.
- Le castor construit un barrage pour élever le niveau de l’eau, ce qui lui permet de nager sous la glace pour atteindre sa nourriture, les branches qui sont au fond de l’étang.
- Le cerf de Virginie se dirige vers l’escarpement d’Eardley, où il y a moins de neige. S'il lui faut se déplacer, il emprunte un chemin de prédilection appelé « ravage », ce qui lui demande moins d’énergie.
- Le lièvre d’Amérique n’emmagasine pas de graisse et se nourrit tout l’hiver des plantes qu’il trouve. Ses larges pattes arrière l’aident à ne pas s’enfoncer dans la neige (d’où son nom de lièvre d’Amérique) – contrairement à ses prédateurs, comme le renard et le coyote, qui gaspillent ainsi une énergie précieuse à le poursuivre.
- La gélinotte huppée a trouvé un moyen de se réchauffer tout en se protégeant de ses prédateurs. Du haut d’une branche d’arbre, elle se laisse tomber dans la neige poudreuse pour s’y cacher et s’y réchauffer.
- La mésange à tête noire abaisse sa température corporelle, la nuit, pour conserver son énergie quand le temps est glacial.
La survie des plantes en hiver
Si l’hiver est difficile pour les animaux, il l’est aussi pour les arbres et les autres plantes. Quand la température est très basse, l’eau devient rare, car elle se change en glace et devient difficile à atteindre.

Les plantes ont différents moyens de survivre jusqu’au printemps.
- Les arbres à feuilles caduques, comme l’érable et le chêne, perdent leurs feuilles pour éviter de se déshydrater.
- Les conifères, comme le pin, ont des aiguilles d’un vert très foncé, ce qui les aide à absorber un maximum de soleil. Ces aiguilles contiennent une sève sucrée qui assure leur hydratation et une résine qui agit comme un antigel. Elles sont aussi recouvertes d’une matière cireuse qui favorise la conservation de l’eau.
- Les plantes herbacées, comme les fleurs et les graminées, laissent mourir feuilles et tiges. Leurs racines ou leur bulbe économisent ainsi l’énergie nécessaire pour faire pousser un nouveau feuillage au printemps.
Le saviez-vous? C’est en été que les arbres produisent leurs bourgeons et non au printemps. Eh oui! Ils profitent de l’énergie que leur procurent les jours les plus ensoleillés de l’année pour les former, les recouvrant d’écailles, de poils ou de cire avant l’hiver. Le printemps venu, ils sont fins prêts à éclater.
La faune et la flore ont trouvé des moyens étonnants pour survivre à l’hiver. La prochaine fois que vous vous rendrez au parc de la Gatineau ou dans la Ceinture de verdure, gardez l’œil ouvert pour repérer les traces d’animaux et suivez les principes de l’éthique du plein air. Rester sur les sentiers officiels et loin des animaux – et suivre les règles quand on est avec Pitou – sont autant de bonnes façons d’aider la faune à passer au travers de l’hiver.