
Souvent associées à l’Halloween, les chauves-souris n’ont pourtant rien d’effrayant. En réalité, ces créatures de la nuit sont d’une grande utilité : elles dévorent une quantité impressionnante d’insectes, dont certains sont nuisibles à l’agriculture et aux forêts. Ce sont des alliées importantes pour la santé de nos écosystèmes.
Ce qui devrait faire peur, c’est leur déclin. Certaines espèces sont en péril, fragilisées notamment par le syndrome du museau blanc, une maladie dévastatrice. Nos biologistes travaillent à mieux les connaitre, et à mieux les protéger.
Le syndrome du museau blanc
Le syndrome du museau blanc se propage chez plusieurs espèces de chauves-souris dans le nord-est de l’Amérique du Nord depuis 2006. Cette infection est causée par un champignon qu’on retrouve dans les endroits humides et froids, comme les cavernes où hibernent certaines espèces.
Les chauves-souris atteintes développent, sur le museau et sur les ailes, des taches blanches qui leur causent des démangeaisons. Elles se réveillent donc fréquemment et brûlent ainsi leurs réserves d’énergie. Elles s’épuisent donc et peuvent mourir avant la fin de l’hiver.
Les chauves-souris du parc de la Gatineau
Le parc de la Gatineau héberge huit espèces de chauves-souris. Trois d’entre elles sont particulièrement touchées par le syndrome du museau blanc :
- la pipistrelle de l’Est;
- la chauve-souris nordique;
- la petite chauve-souris brune.
Ces trois espèces en voie de disparition sont protégées en vertu de la Loi sur les espèces en péril du Canada et la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables du Québec.
Étudier les chauves-souris pour mieux les protéger
Pour pouvoir protéger les chauves-souris au parc de la Gatineau et ailleurs, encore faut-il savoir où elles se trouvent.
Détecter les sites de rassemblement et d’hibernation

On en sait encore peu sur les lieux de rassemblement et d’hibernation des chauves-souris du parc de la Gatineau. En 2023, nos biologistes ont lancé une étude près de grottes, cavernes et autres endroits potentiels pour voir s’il s’y trouvait des chauves-souris en automne et en hiver.
Pour identifier les espèces et en évaluer l’indice d’abondance, on utilise des détecteurs à ultrasons et des caméras vidéos. Les endroits identifiés pourront être mieux protégés et serviront de lieux d’étude pour de futures recherches.
Ce projet, qui bénéficie d’une subvention du programme fédéral d’intendance des habitats essentiels, se poursuit en 2024-2025.
Inventaire acoustique

Nous dénombrons des chauves-souris dans le parc de la Gatineau en détectant leurs cris. L’inventaire ainsi créé nous permet de savoir quels sont les endroits clés où habitent les différentes espèces du parc et aide nos partenaires à évaluer les tendances de population.
En 2017 et 2018, on a enregistré plus de 5 000 cris de chauves-souris dans le parc de la Gatineau. De ces cris, environ 6 % venaient des trois espèces de chauves-souris qui passent l’hiver avec nous et qui sont particulièrement touchées par le syndrome du museau blanc. La plupart des cris enregistrés provenaient de la grande chauve-souris brune et de la chauve-souris argentée. Plusieurs enregistrements à un même endroit peuvent provenir d’une même chauve-souris. Cet inventaire a été réalisé grâce à une subvention d’Environnement et Changement climatique Canada.
En 2023, les biologistes du parc de la Gatineau ont réalisé un nouvel inventaire. Les données sont encore au stade de leur analyse.
Des dortoirs en milieu urbain

En ville, les chauves-souris manquent souvent de bons habitats. Pour éviter qu’elles ne se réfugient dans leur grenier, certaines personnes installent des dortoirs à chauves-souris. Les dortoirs sont des boites en bois qui sont installées sur les murs extérieurs d’un bâtiment ou perchées sur des poteaux. Il y en a plusieurs modèles.
Entre 2017 et 2023, nous avons étudié l’intérêt des chauves-souris pour les différents modèles de dortoirs installés au parc de la Gatineau. Des capteurs de température et d’humidité ont pris des données tout l’été pour nous permettre de découvrir quel modèle est le mieux adapté aux chauves-souris. Les premiers résultats sont en ligne. Les données recueillies ont également aidé la Fédération canadienne de la faune à créer des lignes directrices pour la conception et l’installation d’un abri pour chauves-souris.
Ce projet a été réalisé en collaboration avec Environnement et Changement climatique Canada, l’Université McGill et le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs du Québec.
Comment aider les chauves-souris
Si vous connaissez un endroit fréquenté par des chauves-souris, n’hésitez pas à :
- remplir le formulaire prévu à cette fin, sur le site Chauves-souris aux abris : chauve-souris.ca;
- signaler votre observation à inaturalist.ca;
- communiquer avec nous, si l’emplacement se trouve sur un de nos terrains.
Pour en savoir plus sur les différentes façons d’aider les chauves-souris, consultez le site Web de la Fédération canadienne de la faune.