Une partie de la maison est réservée à l’usage de la famille. L’autre partie est celle où le premier ministre accueille des invités officiels dans le cadre d’activités publiques. Ces pièces sont décorées et meublées en tenant compte de leur importante fonction publique.

Historique

La maison a été construite en 1868. Ses trois premiers propriétaires étaient des personnages importants, des entrepreneurs prospères et des députés. Depuis longtemps, elle accueille l’élite politique du Canada. Acquise par le gouvernement fédéral, la maison a été réaménagée en résidence officielle du premier ministre en 1950.

Lieu de paix

Au début du 19e siècle, le Canada attirait de jeunes immigrants ambitieux. Joseph Merrill Currier, originaire du Vermont, était l’un d’eux. Il s’est établi à Ottawa en 1837, à l’âge de 17 ans, pour y faire fortune dans le commerce du bois. En 1868, pour cadeau de mariage à sa troisième femme, Hannah, il a construit une maison située près des forêts et de l’eau, sources de sa fortune. Il a baptisé la demeure Gorffwysfa, qui signifie « lieu de paix » en gallois.

Politique et affaires

Après le décès de Hannah Currier, en 1901, la demeure a été acquise par William Cameron Edwards, membre d’une autre grande famille de l’industrie du bois. Comme le précédent propriétaire, Edwards était un homme d’affaires prospère et un politicien en vue. Dès 1893, son entreprise possédait toutes les scieries à l’est des chutes Rideau et il en a fait un important complexe de transformation du bois. Edwards a été député fédéral de 1891 à 1900, puis sénateur. À son décès, en 1921, son neveu Gordon Edwards a hérité de la maison. Ce dernier a été élu député fédéral de la circonscription d’Ottawa en 1926.

Expropriation

La bataille pour l’acquisition du 24, promenade Sussex par l’État a été longue et ardue. En 1943, le gouvernement fédéral possédait presque tous les terrains longeant la rivière des Outaouais, de l’ambassade de France à Earnscliffe, l’ancienne résidence de sir John A. Macdonald. À cette époque, on craignait l’exploitation commerciale des berges, ce que le gouvernement voulait éviter à tout prix. En 1943, un avis d’expulsion a été signifié à Gordon Edwards, qui a consacré les dernières années de sa vie à lutter contre cette ordonnance. Le gouvernement a remporté le litige, mais, même après le règlement du différend par les tribunaux, en 1946, on ne semblait pas savoir quoi faire de la maison. En 1950, on a enfin décidé de la remettre en état pour en faire la résidence du premier ministre. Le « modernisme » sévissant à l’époque, de nombreux éléments victoriens de la maison, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, ont été enlevés, notamment des fenêtres en baie, des lambris, plusieurs beaux foyers et des boiseries ouvragées.

Vie officielle

La dernière chose que voulait le premier ministre Louis St-Laurent en 1950 était une résidence officielle. Il a finalement consenti à y emménager du moment qu’il pouvait continuer de payer un loyer. Cette pratique a duré jusqu’en 1971. Depuis, les chefs de gouvernement s’y sont installés à tour de rôle, dont John Diefenbaker, Lester B. Pearson et Pierre Elliott Trudeau. La liste des visiteurs est impressionnante. Elle comprend sir Winston Churchill, la reine Elizabeth II ainsi que John et Jacqueline Kennedy, pour n’en nommer que quelques-uns.

De nos jours

Depuis 1988, le 24, promenade Sussex est géré par la CCN. Comme la plupart des résidences officielles, ce bâtiment n’est pas accessible au public.

La maison est divisée en deux parties : une partie est réservée à l’usage privé et l’autre sert aux activités publiques. La partie privée est essentiellement le logement familial et comprend des chambres à coucher, des aires de repos et des pièces pour les activités privées. L’autre partie sert aux activités et aux fonctions officielles.

Le terrain de 2,15 hectares (5,3 acres) comporte un bâtiment principal de 34 pièces d’une superficie approximative de 1 115 m2 (12 000 pi2), un petit bâtiment situé au 10, promenade Sussex, qui était à l’origine une écurie ou le chalet du gardien, un pavillon de piscine et deux postes de sécurité.

La résidence principale n’est pas actuellement occupée par le premier ministre du Canada. Ce dernier réside temporairement au Rideau Cottage qui se trouve sur les terrains de Rideau Hall.

Aperçu de la réfection

Notre travail au 24, promenade Sussex s’inscrit dans un vaste programme à long terme visant à conserver, à entretenir et à remettre en état toutes les résidences officielles gérées par la CCN.

Le rapport Résidences officielles du Canada – Rapport sur l’état des actifs du portefeuille de la CCN, publié en 2018, fournit une analyse détaillée, résidence par résidence, de l’investissement requis pour remettre les résidences officielles du Canada en bon état.

Selon le rapport sur l’état des actifs du portefeuille, la résidence principale et le chalet du gardien (10, promenade Sussex) sont dans un état critique. Le rapport indique également que la résidence principale est une priorité élevée pour les travaux de réhabilitation, qui nécessitent environ 34,53 millions de dollars en entretien différé.

Réhabilitation de la résidence principale

Depuis 2018, la CCN n’a fait aucune dépense d’immobilisations pour la réfection du 24, promenade Sussex.

Comme c’est le cas pour toutes les résidences officielles, la CCN tient à aller de l’avant avec la réhabilitation du 24, promenade Sussex. Toutefois, ce projet exigera un engagement financier de la part du gouvernement du Canada.

Entre-temps, la CCN continue de travailler avec ses partenaires fédéraux à l’élaboration d’un plan pour l’avenir des résidences officielles, y compris le 24, promenade Sussex, afin de s’assurer que le gouvernement fédéral est en mesure de prendre une décision prudente et éclairée. De plus amples renseignements seront disponibles en temps et lieu.