Nombre de personnages historiques ont habité Stornoway, dont la princesse Juliana des Pays-Bas en exil ainsi que plusieurs futurs premiers ministres. La maison est située au 541, avenue Acacia, dans le village de Rockcliffe Park, à Ottawa.

Historique

Maison « de campagne »

Au début des années 1900, le village de Rockcliffe Park était un secteur rural qui attirait l’élite à proximité d’Ottawa. Beaucoup de grandes maisons « de campagne » ont été construites à Rockcliffe quand le tramway a relié le secteur à Ottawa en 1891. Stornoway, du nom de la municipalité de l’île de Lewis dans les Hébrides, était l’une d’elles.

Stornoway a été construite en 1913 par Ascanio Joseph Major, qui dirigeait l’une des plus grandes épiceries de gros de l’Est du Canada. Pour en concevoir les plans, il a engagé Allan Keefer, un architecte de renom à l’époque. En 1923, les Perley-Robertson, une autre distinguée famille de la région, ont acheté la maison et l’ont agrandie au cours des années qui ont suivi.

Exil royal

Après l’invasion des Pays-Bas par les armées allemandes, le 10 mai 1940, la famille royale néerlandaise est partie en exil. La princesse Juliana, héritière de la reine Wilhelmina des Pays‑Bas, son mari et ses enfants ont été envoyés au Canada pour leur sécurité.

Les exilés royaux ont d’abord vécu à Rideau Hall, puis dans une petite maison surpeuplée de Rockcliffe. En 1941, Mme Perley-Robertson est venue à la rescousse en offrant à la princesse Juliana de lui prêter Stornoway. La princesse et sa famille ainsi que leurs amis y ont emménagé à l’été de 1941. C’est à Stornoway que la princesse Juliana a ramené à la maison son troisième enfant en 1943.

Résidence officielle de chef de l'opposition du Canada

Depuis 1950, Stornoway est la résidence officielle du chef de l’opposition (soit le chef du parti qui occupe le deuxième plus grand nombre de sièges au Parlement). Aujourd’hui, le gouvernement du Canada est propriétaire de la maison, mais pendant des années, elle a appartenu à une fiducie privée qui s’occupait de la gérer.

En 1946, le sénateur Gratan O’Leary a lancé une campagne dans le but de trouver une résidence pour le chef de l’opposition. Il a recueilli des fonds auprès d’amis et d’associés d’Ottawa, a créé un fonds en fiducie et s’est mis à la recherche d’une propriété qui pourrait convenir. Les Perley-Robertson ont offert Stornoway à la fiducie au prix réduit de 55 000 $.

Le chef conservateur George Drew (ancien premier ministre de l’Ontario) et sa femme en ont été les premiers occupants (1950-1956), suivis en 1958 de Lester et Marion Pearson. Plusieurs familles de politiciens l’ont habitée successivement — dont les Diefenbaker, les Stanfield et les Clark — jusqu'à ce jour.

De nos jours

Stornoway appartient au gouvernement du Canada depuis 1970 et est gérée par la CCN depuis 1986.

Stornoway est désignée édifice du patrimoine fédéral reconnu par le Bureau d’examen des édifices fédéraux du patrimoine (BEEFP). La propriété comprend plus de 0,42 hectare (un acre) de terrain, un bâtiment principal comptant 19 pièces principales, couloirs et toilettes occupant environ 883 mètres carrés (9 500 pieds carrés), et une dépendance. Comme la plupart des résidences officielles, ce bâtiment n’est pas accessible au public.

La propriété sert principalement de résidence privée et accueille à l’occasion des événements officiels.

Aperçu des travaux de restauration

Nos travaux à Stornoway s’inscrivent dans un programme vaste et à long terme visant à préserver, à entretenir et à restaurer l’ensemble des résidences officielles gérées par la CCN.

Le rapport, intitulé Résidences officielles du Canada – Rapport sur l’état des actifs du portefeuille et publié en 2018, fournit une analyse détaillée, résidence par résidence, de l’investissement requis pour remettre les résidences officielles du Canada en bon état.

Le Rapport sur l’état des actifs du portefeuille a établi que Stornoway était en bon état, et que le bâtiment exigeait un entretien régulier et continu. Le toit du bâtiment principal a été remplacé en 2019, en tant qu’élément essentiel d’un entretien opportun et de la préservation de la résidence.

Ce rapport présente également une liste exhaustive des initiatives de restauration entreprises au cours des 10 dernières années, ainsi que la liste des investissements proposés de 2018 à 2027.