Le pont Alexandra est un élément emblématique du paysage d’Ottawa-Gatineau depuis plus de 120 ans. Construit à l’origine pour permettre le passage des trains et d’autres moyens de transport, il est de nos jours emprunté chaque année par des milliers de piétons, de cyclistes et d’automobilistes.

Le pont arrive maintenant à la fin de sa vie utile et doit être remplacé. Des réparations en cours permettront de l’utiliser encore 10 ans.

En 2019, à la suite de la recommandation de Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC) de remplacer le pont en raison de sa détérioration, de l’augmentation des coûts de son entretien et du fait qu’il ne peut plus satisfaire aux besoins actuels et futurs en matière de transports, le gouvernement du Canada a demandé dans son budget de 2019 que cet ouvrage soit remplacé d’ici 10 ans. SPAC a d’ailleurs mis en ligne un résumé de l’analyse des coûts du cycle de vie et de l’étude de remplacement du pont Alexandra expliquant cette recommandation.

Travaillant en partenariat avec SPAC, le ministère responsable de la gestion du pont Alexandra, la CCN appuie le projet en dirigeant un vaste processus de consultation publique qui se déroulera en plusieurs volets au cours de la prochaine décennie.

Dernières nouvelles du projet

En juin 2021, le conseil d’administration de la CCN a approuvé les principes de planification et de conception pour le remplacement du pont Alexandra. Ces principes ont été établis par la CCN et SPAC, qui dirige le projet, en s’appuyant sur les consultations tenues avec le public et les partenaires autochtones (plus de 2 300 personnes ont participé au premier volet en ligne de consultation publique et de séances auprès des parties prenantes). Ils ont été communiqués aux partenaires autochtones du projet, avec qui la CCN et SPAC entretiennent un dialogue en vue de recueillir des commentaires.

Les principes de planification et de conception établis aideront le futur concepteur à proposer une œuvre emblématique qui cadre avec l’emplacement et l’importance du pont. Ils encadreront la réalisation d’objectifs clés, par exemple l’atténuation de l’impact environnemental et l’accroissement de la durabilité. Sans prescrire des solutions, six principes directeurs orienteront les choix en matière de conception autour des axes suivants :

  • maillage au tissu urbain et mobilité;
  • espaces publics et expérience civique;
  • structure, hauteur, proportions et mise en lumière;
  • préservation de la vue et hommage au passé;
  • durabilité et matériaux;
  • accessibilité universelle, lisibilité et orientation.

Pour en savoir plus sur le projet de remplacement du pont Alexandra, rendez-vous sur le site de SPAC, à la page du projet.

À propos du projet

La préparation des principes de planification et de conception et la première étape de l’évaluation d’impact environnemental du projet reposent en partie sur les commentaires reçus au cours du premier volet de consultation publique. Un processus exhaustif visant à faire participer la Nation algonquine est aussi en cours.

L’examen sommaire des données recueillies au cours du premier volet de consultation indique qu’un grand nombre de participants se disent profondément attachés aux éléments patrimoniaux du pont. De nombreuses personnes ont recommandé que la valeur de certains de ces éléments soit reconnue; qu’ils soient intégrés aux lignes directrices de conception proposées; et qu’ils soient pris en compte dans le prochain volet de consultation.

Un grand merci à celles et ceux qui ont participé à ce premier volet du processus. Un rapport résumant les commentaires exprimés au cours de la consultation, et indiquant comment ils ont été pris en compte, a été publié.

Contexte

Le pont Alexandra est l’un des cinq ponts interprovinciaux de la région de la capitale du Canada qui relient les villes d’Ottawa, en Ontario, et de Gatineau, au Québec. Il enjambe la rivière des Outaouais, depuis la pointe Nepean, juste à l’ouest du marché By d’Ottawa, jusqu’au Musée canadien de l’histoire, dans le secteur Hull de Gatineau. Il contribue à environ 9 % de la circulation automobile quotidienne moyenne dans la région de la capitale. Environ 33 % de tous les usagers de mobilité active (piétons, cyclistes, utilisateurs d’aides à la mobilité, etc.) qui traversent la rivière des Outaouais empruntent ce passage.

Ce pont est un lieu d’intérêt national important. Il est reconnu pour sa beauté emblématique et sa construction remarquable. Au moment de son achèvement, en 1901, le pont Alexandra symbolisait une réalisation majeure dans le domaine de l’ingénierie. Il s’agissait de l’une des premières structures de pont exclusivement en acier et aménagées au moyen de piliers en béton coulé. Ce pont était alors classé quatrième au monde, pour sa longueur, pour un pont de ce type, et il était la plus grande structure entièrement construite en acier en Amérique du Nord. Sa conception et sa réalisation avaient été confiées à des ingénieurs et concepteurs canadiens. Sa désignation en tant que lieu historique national de génie civil remonte à 1995. En 2010, une évaluation de la valeur patrimoniale a été effectuée pour évaluer la valeur patrimoniale du pont. À la suite de cette évaluation, le pont Alexandra a été classé comme un bien d’ingénierie d’importance historique nationale. Cette cote n’empêche toutefois pas son remplacement.

En mai 2017, la Ville d’Ottawa a inscrit le pont Alexandra à son registre du patrimoine, en raison de ses attributs patrimoniaux et de son intérêt historique. En 2021, cet ouvrage était ajouté à la Liste des lieux menacés de la Fiducie nationale du Canada.

Le pont Alexandra a eu une longue durée de vie utile, ce qui témoigne de l’excellente qualité de sa construction et des matériaux qui le composent.

Le processus de conception et de construction de son remplacement s’étendra sur une période d’environ 10 ans. Il s’inscrit en outre dans le cadre d’une initiative plus vaste visant à améliorer le transport interprovincial dans la région de la capitale du Canada. La mise en chantier est prévue pour 2028, et la construction du nouveau pont devrait être achevée d’ici 2032.

Description du projet et de ses différentes étapes

Le remplacement du pont Alexandra se fera en trois étapes. 

Activités préalables à la planification (2020–2021)

  • Élaboration d’une vision et de lignes directrices de conception
  • Consultation publique 1 : lignes directrices de conception, impacts potentiels et mesures d’atténuation

Planification (2021-2025)

  • Élaboration d’options de concept
  • Consultation publique 2 : options de concept
  • Consultation publique 3 : concept préliminaire
  • Consultation publique 4 : concept définitif

Approvisionnement et mise en œuvre (2025-2032)

  • Processus d’attribution d’un contrat de conception et de construction
  • Consultation publique 5 : concept définitif et plan d’exécution
  • Démantèlement de la structure actuelle et début de la construction du nouveau pont

Le pont doit répondre aux exigences de base suivantes :

  1. Deux voies destinées à la circulation automobile (une dans chaque direction) et être conçu pour permettre ultérieurement le transport en commun par tramway ou train léger sur rail.
  2. Une voie destinée à la mobilité active (piétons, cyclistes, utilisateurs d’aides à la mobilité, etc.) du côté ouest du pont. La voie de mobilité active sera bidirectionnelle et comportera des couloirs distincts pour piétons et cyclistes. Cette devrait comprendre des bancs et des points d’observation permettant aux usagers de s’y arrêter sans compromettre la sécurité ni gêner la circulation. 
  3. Les voies de circulation automobile et de mobilité active comporteront un revêtement robuste protégeant le pont des intempéries, des produits de dégivrage et de la saleté. Sa structure résistera ainsi davantage à l’épreuve du temps.

Le remplacement du pont Alexandra offre également une occasion unique de redéfinir ce lien essentiel entre Ottawa et Gatineau. Situé au cœur de la région de la capitale, sur le territoire traditionnel de la Nation algonquine anishinabée, et offrant l’une des vues les plus époustouflantes des édifices du Parlement, le nouveau pont se dressera dans un espace riche en symbolisme et en histoire. Outre sa fonction, il occupera une dimension plus grande que la somme de ses parties.

Crédit : BAC/Topley
Par sa conception, ses matériaux, son utilisation en tant qu’espace public et son esthétique, le pont, tout comme son prédécesseur, témoignera des valeurs et des priorités de l’époque de sa construction.

Vision et lignes directrices de conception

La vision sous-jacente du nouveau pont consiste à créer une structure offrant un lieu communautaire unique, reflétant les valeurs et l’identité canadiennes et respectant l’intégrité des paysages culturels de la capitale nationale.

Cette vision repose sur les principes de planification et de conception.

Considérations relatives au projet

Il est prévu que le passage sera fermé à la circulation, y compris à la mobilité active, pendant environ trois à quatre ans entre 2028 et 2032. Une attention minutieuse sera accordée à l’impact des travaux de construction sur tous les groupes, notamment les suivants : circulation générale, opérations de gestion de la circulation dans les quartiers de part et d’autre de la rivière, exploitants de transport public et privé, services d’urgence, services de police, cyclistes, piétons et autres exploitants commerciaux et institutionnels à proximité du pont.

Le démantèlement du pont Alexandra et la construction de la nouvelle structure seront organisés dans un souci d’optimisation de la santé et de la sécurité, de la protection de l’environnement, des principes du développement durable et de la gestion des déchets. Des mesures visant à atténuer au maximum les effets négatifs des travaux sur les quartiers avoisinants (bruit, vibrations, poussière, etc.) seront également mises en œuvre.

Le projet sera soumis au processus d’évaluation d’impact, supervisé par l’Agence d’évaluation d’impact du Canada (AEIC).

La CCN et SPAC ont adopté une approche distincte de mobilisation des Autochtones, avec le concours d’Innovation 7, une société de conseil autochtone.

Mobilisation

Le public aura plusieurs occasions de donner son avis sur le projet, tout au long de ses différentes étapes. Au total, cinq volets de consultation sont prévus. Le volet 1 est en partie terminé, et les commentaires reçus à cette occasion ont été examinés et pris en compte dans la préparation des principes de planification et de conception, c’est-à-dire les « lignes directrices de conception », à l’origine. Les lignes directrices relatives à la vision et à la conception, renommées « principes de planification et de conception », ont été présentées au comité consultatif de l’urbanisme, du design et de l’immobilier (CCUDI) de la CCN en mai et novembre 2020, ainsi qu’à son comité consultatif sur l’accessibilité universelle (CCAU). En juin 2021, le conseil de la CCN en a approuvé la version révisée d’après les commentaires du public et de ces deux comités. Les activités de mobilisation avec les partenaires autochtones fourniront une occasion de plus de peaufiner les principes, afin qu’ils soient représentatifs de leur avis. Une consultation additionnelle (le volet 1B) est envisagée pour l’automne, afin de mieux renseigner le public sur les principes et leur incidence.

Les commentaires du public fournis dans le cadre du premier volet de consultation publique serviront également à orienter le processus d’évaluation d’impact du projet. La description préliminaire du projet, qui comporte un résumé de ses effets potentiels et des consultations avec le public et les groupes d’intérêt, devrait être soumise à l’AEIC à l’automne 2021.

En plus de ces consultations, et conformément aux exigences réglementaires de la Loi sur l’évaluation d’impact, l’AEIC mènera une initiative distincte de mobilisation du public et des groupes autochtones autour des informations présentées par SPAC et la CCN dans le cadre du processus d’évaluation d’impact.

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