Ce blogue ne vous parlera pas de pandémie ou de voyages interprovinciaux. Les déplacements les plus essentiels, dans le parc de la Gatineau, sont effectués de jour comme de nuit par ses résidants les plus légitimes : les animaux et les plantes.

Comment se déplacent-ils et pourquoi ces déplacements sont-ils aussi importants? Laissez-moi vous faire découvrir un monde de biodiversité, d’écologie et de conservation davantage lié aux activités humaines que l’on pourrait le croire.


Le parc de la Gatineau c’est :

  • plus de 50 espèces de mammifères;
  • près de 230 espèces d’oiseaux;
  • plusieurs espèces de reptiles et d’amphibiens, et des milliers d’invertébrés;
  • plus de 1 000 espèces de plantes et environ 50 essences d’arbres.

Toutes ces espèces doivent continuellement se déplacer sur le territoire pour se nourrir, se reproduire, trouver un environnement ou un sol plus riche, choisir un partenaire ou un lieu de ponte, ou encore fuir des prédateurs.

Des corridors pour la faune...

Coyote à l’orée de la forêt, en hiver, dans le parc de la Gatineau

Saviez-vous qu’un loup a besoin d’un territoire d’au moins 200 kilomètres carrés pour subvenir à ses besoins et un ours, d’au moins 100?

Comme de nombreuses autres espèces, l’ours et le loup sont dépendants de ce que l’on appelle un corridor écologique.

Les corridors écologiques sont des portions de territoire qui relient différents milieux naturels. Ce sont parfois des cours d’eau naturels, des espaces boisés, des haies brise-vent, des forêts ou des champs. Ces lieux de passage permettent aux animaux de se déplacer d’un milieu à un autre, notamment pour se reproduire avec un partenaire au bagage génétique différent du leur. Ces déplacements sont donc essentiels pour assurer une diversité à l’intérieur des espèces, et donc le maintien de la diversité des écosystèmes. Plus un écosystème est riche et diversifié, plus il est fort et résistant aux perturbations.

…et pour la flore!

Les corridors écologiques sont aussi utilisés par les plantes. Oui, oui, vous avez bien lu!

Deux cônes de pin sur une pierre moussue de la forêt

Afin de coloniser de nouvelles portions de terre et de trouver de meilleures conditions de croissance, la flore du parc de la Gatineau se déplace, elle aussi. Comment? À l’aide d’alliés. Les animaux et les insectes déplacent d’impressionnantes quantités de pollen, de graines et de noix lorsqu’ils se nourrissent ou se déplacent. Vous n’avez qu’à penser à ce petit écureuil qui se fait des réserves de graines et de cônes de pin un peu partout à travers la forêt ou à cet ours qui transporte des graines de chardon dans sa fourrure ou qui évacue, quelques kilomètres plus loin, les graines des fruits qu’il a mangés.

Des barrières pas toujours visibles

Les corridors écologiques sont très importants, mais aussi fragiles. Plusieurs éléments, comme une route, une clôture ou une voie ferrée, peuvent créer une barrière physique pour les animaux, les empêchant de bien circuler entre les différents milieux naturels.

Il existe aussi des barrières psychologiques qui peuvent entraîner ce même résultat d’isolement des milieux. Parmi ce type de barrières, notons l’activité humaine. Certains animaux, comme le lynx, sont particulièrement sensibles aux bruits et aux odeurs liés à la présence d’humains sur leur territoire. Pour certains animaux, comme un millepatte, une tortue ou une petite souris, un sentier prend l’ampleur d’une autoroute à voies multiples!

Tortue sur le point de traverser une route, dans le parc de la Gatineau

Des actions concrètes

Les sentiers non officiels du parc de la Gatineau contribuent à la fragmentation des milieux lorsqu’ils sont fréquentés régulièrement. La présence répétée de passants sur ces sentiers peut également nuire au déplacement d’espèces plus timides comme les pékans ou les belettes. Celles-ci peuvent sentir la présence des humains comme une menace, même longtemps après leur passage sur le sentier, et n’osent alors pas s’y aventurer. Vous pouvez aider à protéger ces espèces en restant sur les sentiers officiels.

La CCN travaille activement à limiter les barrières et à préserver la connectivité des milieux, par le biais de partenariats et de projets, comme le projet de gestion responsable des sentiers.

La protection des corridors écologiques fait également partie des objectifs de conservation prioritaires du nouveau Plan directeur du parc de la Gatineau.