Autrice : Catherine Verreault, Directrice, Terrains urbains du Québec et parc de la Gatineau
Ce blogue parle du groupe le plus fidèle et nombreux du parc de la Gatineau; de ses adeptes, qui y sont par milliers, 24 heures par jour, 365 jours par année, et j’ai nommé : les animaux et les végétaux!
Le parc de la Gatineau c’est :
- plus de 50 espèces de mammifères;
- environ 230 espèces d’oiseaux;
- plusieurs espèces de reptiles et d’amphibiens, et des milliers d’invertébrés;
- plus de 1 000 espèces de plantes et environ 50 essences d’arbres.
Et cette foule grouillante se déplace constamment. Comment le fait-elle et pourquoi est-ce si important? Laissez-moi vous le faire découvrir en vous présentant un monde de biodiversité, d’écologie et de conservation davantage lié aux activités humaines qu’on pourrait le croire.
Des corridors pour la faune...

Saviez-vous que le domaine vital d’un coyote de l’est varie de 7 à 80 km2 et que cet animal peut se déplacer sur 160 km à la recherche de nourriture? Ou bien qu’un ours noir mâle peut occuper un territoire de 60 à 173 km2? Comme de nombreuses autres espèces, l’ours et le coyote dépendent de ce que l’on appelle un corridor écologique.
Les corridors écologiques sont des portions de territoire qui relient différents milieux naturels. Ce sont parfois des cours d’eau naturels, des espaces boisés, des haies brise-vent, des forêts ou des champs. Ces lieux de passage permettent aux animaux de se déplacer d’un milieu à un autre, notamment pour se reproduire en allant chercher un bagage génétique différent du leur.
Les corridors écologiques sont donc essentiels pour assurer une diversité génétique à l’intérieur des espèces et, de ce fait, le maintien de la résilience des écosystèmes. Plus un écosystème est riche et diversifié en espèces et du point de vue génétique, plus il est fort et résistant aux perturbations.
…et pour la flore!

Les corridors écologiques sont aussi utilisés par les plantes. Oui, oui, vous avez bien lu!
Afin de coloniser de nouvelles portions de terre et de trouver de meilleures conditions de croissance, la flore du parc de la Gatineau se déplace, elle aussi. Comment? À l’aide d’alliés. Les animaux et les insectes déplacent d’impressionnantes quantités de pollen, de graines et de noix.
Vous n’avez qu’à penser à ce petit écureuil qui se fait des réserves de graines et de pommes de pin un peu partout à travers la forêt ou à cet ours qui transporte des graines de chardon dans sa fourrure ou qui évacue, quelques kilomètres plus loin, les graines des fruits qu’il a mangés.
Des barrières invisibles

Les corridors écologiques sont très importants, mais aussi fragiles. Plusieurs éléments, comme une route, une clôture ou une voie ferrée, peuvent créer une barrière physique pour les animaux, les empêchant de bien circuler entre les différents milieux naturels.
Il existe aussi des barrières psychologiques qui peuvent entrainer ce même résultat d’isolement des milieux, car certaines espèces évitent de s’aventurer dans les endroits où ils se sentent vulnérables. Parmi ce type de barrières, notons les sentiers et la présence d’humains.
Certains animaux, comme le lynx, sont particulièrement sensibles aux bruits et aux odeurs liés à la présence humaine sur leur territoire. Pour certains animaux, comme un millepatte, une tortue ou une petite souris, un sentier prend l’ampleur d’une autoroute à voies multiples!
Des gestes concrets
Les sentiers non officiels du parc de la Gatineau contribuent à la fragmentation des milieux lorsqu’ils sont fréquentés régulièrement. La présence répétée de gens sur ces sentiers peut également nuire au déplacement d’espèces plus timides, comme les pékans ou les belettes. Celles-ci peuvent sentir leur présence comme une menace, même longtemps après leur passage sur le sentier, et n’osent alors pas s’y aventurer.
Vous pouvez aider à protéger le parc et ces espèces en restant sur les sentiers officiels.
La CCN travaille activement à limiter les barrières et à préserver la connectivité des milieux, par le biais de partenariats et de projets, comme le projet de gestion responsable des sentiers.
La protection des corridors écologiques fait également partie des objectifs de conservation prioritaires du Plan directeur du parc de la Gatineau.