Transcription
Tobi Nussbaum : Bonjour, je suis Tobi Nussbaum. Je suis le premier dirigeant de la Commission de la capitale nationale. Dans l’épisode d’Histoires de la capitale d’aujourd’hui, on explore les initiatives de la CCN pour animer les berges dans la région de la capitale. Depuis les dernières années, la CCN rapproche la capitale de ses magnifiques cours d’eau pour offrir au public des lieux agréables où se détendre et profiter du plein air. Chaque année, nous réalisons différents projets, petits et grands, pour aménager les berges et créer de nouveaux espaces publics accueillants. On peut penser, par exemple, à la Maison riveraine de la CCN, où on est cet après-midi, au nouveau pavillon de la plage Westboro, à plus d’une douzaine de bistros et terrasses, ainsi qu’au tout nouveau quai du lac Dow’s et à la Zone estivale. Ces projets restaurent les berges et améliorent l’accès du public à long terme. Dans cet épisode, on découvre comment ces changements rapprochent les gens de l’eau, rendent la ville plus vivante et préparent l’avenir des berges de la capitale. Pour en parler, j’ai aujourd’hui avec moi Nathalie Roy-Patenaude. Bonjour, Nathalie.
Nathalie Roy-Patenaude : Bonjour, Tobi.
Tobi Nussbaum : Ça va bien?
Nathalie Roy-Patenaude : Ça va bien, merci.
Tobi Nussbaum : En fait, ça, c’est une discussion que... J’aime parler beaucoup de nos berges, des projets qu’on a faits depuis les dernières années pour vraiment animer les berges de la CCN. Peut-être qu’on peut commencer avec l’idée, avec la vision. Selon toi, il y a cinq ans on a eu vraiment peu d’opportunités, pour les gens, d’être au bord de l’eau, ici. Comment est-ce qu’on a commencé, et où est-ce qu’on en est aujourd’hui?
Nathalie Roy-Patenaude : Oui, merci. La CCN a plusieurs plans directeurs qui identifient la planification à court, moyen et long terme de nos sites, et puis les berges et les parcs font partie de cette planification-là dans la région de la capitale nationale. Offrir un accès à l’eau a toujours fait partie de la vision et c’est quelque chose qu’on a accéléré au cours des dernières années. On est conscients que pas tout le monde n’a pas accès à une cour arrière. Plusieurs gens sont en appartement ou en condominium, donc ils n’ont pas accès à un parc. Avec la masse publique de parcs que nous avons, nous avons pris l’opportunité pour créer une animation de ces parcs-là. Donc, l’idée, c’est d’amener les gens vers l’eau et l’eau vers les gens. Aujourd’hui, on compte environ 30 lieux sur les sites de la CCN, avec les bistros de la CCN, les cafés, terrasses et patios. Il y a aussi des opportunités pour le public de louer de l’équipement récréatif, comme des planches à pagaie, des kayaks, des pédalos et des vélos, mais aussi l’opportunité de se baigner, de se baigner au lac Dow’s, avec les nouveaux quais qu’on a installés en début de printemps. Il y en a aussi ici, le long de la rivière Outaouais, à la Maison riveraine, et il y a aussi les lacs, comme le lac Leamy, le lac Philippe et autres au sein du portefeuille. Donc, l’intérêt public et l’utilisation des sites de la CCN est très significatif. Depuis mai, lorsqu’on a ouvert le quai au lac Dow’s, et l’ouverture du site Westboro, on a déjà accueilli plus de 100 000 visiteurs en moins de deux mois. Et, l’été dernier, qui était la première année de la Maison riveraine, on a accueilli 80 000 visiteurs ici, sur le site. C’est une réponse énorme par la demande du public. Je pense qu’on a fait un beau progrès dans les dernières années pour créer des animations puis créer des opportunités pour le public.
Tobi Nussbaum : Oui, c’est intéressant parce que dans le passé, l’association entre se baigner – la natation – et les lacs, c’était « les plages ». On a eu les plages dans le parc de la Gatineau. On a eu une plage dans le parc du Lac-Leamy. Mais ce qu’on a fait, dans les dernières années, c’est de vraiment créer des lieux qui ne sont pas des plages, mais des lieux où on peut quand même se baigner. Et ça, ça a été un changement d’approche. Ici, bien sûr, mais aussi au lac Dow’s, comment est-ce que tu trouves la réaction? Est-ce que les gens sont étonnés par ce changement de vision, ce changement des opportunités de se baigner?
Nathalie Roy-Patenaude : Oui, parce que les gens ont toujours été un peu réticents de la rivière Outaouais, du lac Dow’s et du canal Rideau. Dans notre planification, on fait beaucoup de tests. Alors, on teste les eaux de fond en comble pour être certains que tout est sécuritaire pour le public. Et puis, je pense que... on a démystifié un petit peu l’idée du public, en démontrant que l’eau, en fait, elle est très bonne pour se baigner ici. La même chose au lac Dow’s. Et puis, on affiche les résultats des tests d’eau sur notre site Web. Alors, le public y a accès. On a nos drapeaux verts, qui indiquent que c’est sécuritaire pour se baigner. En même temps, ce que ça fait, c’est que ça pousse les gens à devenir curieux et un peu plus aventureux. Et puis, quand on regarde la capacité de la piscine ou de l’aire de baignade ici, qui est jusqu’à 150 personnes – qui est souvent plein, les gens n’ont pas peur de venir se baigner dans la rivière Outaouais.
Tobi Nussbaum : Oui, c’est vrai. Et on a aussi le fait qu’il y a deux approches. Ici, on a les sauveteurs – on dit en français? Les sauveteurs ici, mais au lac Dow’s ce n’est plus la situation et il n’y a pas de sauveteurs. Et on a confiance que les gens veulent vraiment utiliser les espaces comme ça, d’une façon responsable. Comment est-ce que tu trouves la relation entre les deux? Et aussi, on a la plage Westboro.
Nathalie Roy-Patenaude : Même si ici il y a des sauveteurs, on a des sites qui sont non supervisés, mais on a quand même des mesures de sécurité en place. Le lac Dow’s, c’est non supervisé, mais il y a quand même des échelles d’accès, il y a des bouées de sauvetage et ces choses-là. La même chose au site Westboro, il y a certaines heures supervisées de midi à 7 h [19 h] où la ville a des sauveteurs, mais au-delà de ça, il y a quand même des mesures de sécurité en place. Et il y a aussi, au lac Dow’s, une zone désignée pour la baignade où on délimite l’espace où les gens peuvent se baigner. On a quand même créé des infrastructures pour que ce soit sécuritaire pour les gens, même s’il n’y a pas nécessairement des sauveteurs sur place.
Tobi Nussbaum : Très bien. Jusqu’à maintenant, on a parlé beaucoup de la natation, mais on a aussi beaucoup d’initiatives cette année à propos des restaurants, cafés, terrasses. Peux-tu parler un peu de ces initiatives?
Nathalie Roy-Patenaude : Qu’est-ce qu’on a, cette année, qui est peut-être quelque chose d’intéressant? L’an dernier, on a lancé une dizaine de nouvelles activations. Certaines ont ouvert à différents temps de l’année. Cette année, ils ont tous ouvert en début de saison. C’est certain que l’idée d’avoir créé un parc sur une ile – à l’ile Bate, dans le milieu de la rivière, est quelque chose de très unique. On a la maison Charon, dans le parc Jacques-Cartier, qui a vraiment ranimé une belle maison qui date de l’histoire de la construction navale de la région. Et puis, on a d’autres espaces qui sont très uniques aussi, comme Tavern on the Falls, qui est sur le toit d’une station hydroélectrique à côté des chutes Rideau. On a différents sites qui sont uniques, qui offrent une différente perspective pour le public.
Tobi Nussbaum : Oui, c’est vrai. Je pense aussi, au bistro dans le parc de Confédération, à Remic Rapids et puis à Patterson Creek. Il y a plusieurs endroits et, à chaque endroit, c’est un peu différent, mais la connexion est vraiment... Ils sont très proches... de l’eau!
Nathalie Roy-Patenaude : Oui. Ils sont très près de l’eau et très près des sentiers et des promenades. Ce qui fait que les sites sont accessibles à vélo, en auto, à pied – transport alternatif ou autre. Ici, à la Maison riveraine, on a aussi un taxi d’eau qui permet un transport via... un transport marin. Et on a aussi un partenariat avec l’autobus, qui fait des tournées, des visites où les gens peuvent arrêter, débarquer et rembarquer de l’autobus. Donc, il y a un accès qui est très... tout est très connecté à l’intérieur du cœur de la région.
Tobi Nussbaum : Très bien. Et une autre observation que j’ai faite ici, c’est le fait que... on parle beaucoup de l’équité, et ici, on le voit. Parce qu’on voit ici beaucoup de personnes qui sont des nouveaux Canadiens, qui, peut-être, n’ont pas de chalet, pas de jardin, comme tu viens de le dire. Alors, est-ce que ça t’a étonnée, un peu, le fait qu’on joue un rôle dans ce domaine?
Nathalie Roy-Patenaude : Définitivement. Ce qui est très impressionnant, c’est l’aspect inclusif; l’aspect accessible du site et la diversité des gens qui viennent visiter nos sites. Ce n’est pas surprenant [...] d’entendre une dizaine de différentes langues qui vont se parler autour de l’aire de baignade, ici. Ça, c’est quelque chose qui est très fort, dans nos initiatives où les gens se sentent à l’aise de venir. Puis, on a aussi [...] nos partenaires récréatifs, qui offrent des programmes aux nouveaux arrivants et, aussi, aux personnes à mobilité réduite, pour leur donner l’occasion d’essayer les planches à pagaie ou les tubes, ou ces choses-là. Il y a vraiment un partenariat avec nos opérateurs commerciaux, aussi... de créer des opportunités pour tout le monde.
Tobi Nussbaum : Oui, très bien. Je veux aussi parler du leadeurship. Et une chose que j’ai remarquée, dans les dernières années, c’est le fait qu’ici, à la Maison riveraine et à d’autres endroits, il y a beaucoup d’intérêt de la part d’autres villes, d’autres régions. Est-ce que toi, tu as eu des expériences en parlant à d’autres gens à propos des projets qu’on a, ici, à la CCN?
Nathalie Roy-Patenaude : Oui, définitivement. Ce sont des conversations où les gens sont curieux de voir ce qu’on apporte dans la région. Une des choses, parfois, que je mentionne aux gens, c’est que le Canada est un pays de parcs et de rivières. Et tout le monde a au moins un parc ou un cours d’eau dans le voisinage. Et puis, les municipalités s’intéressent à voir ce qu’elles peuvent faire comme projets. Tu mentionnais au début des projets de petite et grande envergure. Donc, pas des projets qui sont aussi complexes que ceux de la Maison riveraine, mais des projets comme un quai ou même juste l’installation d’un bistro. C’est quelque chose qui est assez « clé en main » ou assez facile de mettre en place, dont d’autres [...] peuvent s’inspirer.
Tobi Nussbaum : Oui, c’est vrai. Et je veux aussi ajouter le fait que même nous, on est en train d’apprendre beaucoup. Un exemple, c’est le fait qu’il y a beaucoup de villes, en Europe – je pense à Paris, Copenhague, d’autres villes comme ça – où on a vraiment commencé avec l’idée qu’on peut se baigner dans les lacs, les rivières. Et cette idée qu’on peut apprendre, et [que] les autres gens peuvent aussi apprendre grâce à nos projets aussi. Ça, c’est une relation que je trouve très, très positive. On ne veut pas faire quelque chose d’unique, on veut faire quelque chose où les autres régions, les autres villes peuvent aussi apprendre. Je suis personnellement toujours intéressé de voir ce que les autres villes font. C’est toujours intéressant pour nous aussi.
Nathalie Roy-Patenaude : Oui, oui. Une des choses qui est importante, aussi, c’est qu’avec la conversation sur l’intensification de la densité résidentielle et du logement, on va voir une augmentation des logements dans le cœur et dans la région. Et puis, c’est définitivement quelque chose où moi, je vois que c’est une opportunité pour nous, à la CCN, de continuer à regarder les opportunités qu’on peut offrir à la communauté; la communauté locale et les visiteurs. On a beaucoup fait jusqu’à maintenant, mais le potentiel est encore là.
Tobi Nussbaum : Absolument. Est-ce qu’il y a autre chose, Nathalie, que tu voudrais ajouter?
Nathalie Roy-Patenaude : D’une façon peut-être un peu plus personnelle, je suis originaire d’Ottawa. J’ai grandi à Ottawa, donc la rivière des Outaouais, je la connais très bien. Et puis, en termes d’employée de la CCN, je trouve ça vraiment extraordinaire qu’on puisse amener ces animations-là. On voit le sourire sur les visages des gens quand ils sont à nos sites et puis tout ça. Ça amène une grande fierté pour la région. Et puis, oui, on est vraiment une source d’innovation pour plusieurs.
Tobi Nussbaum : Très bien, je suis d’accord. Et merci à toi et à ton équipe pour tout le travail que vous avez fait ces dernières années. Et merci à vous aussi de vous être joints à nous aujourd’hui pour cet épisode d’Histoires de la capitale.