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Tobi Nussbaum : Bonjour, je suis Tobi Nussbaum, premier dirigeant de la Commission de la capitale nationale. Dans cet épisode d’Histoires de la capitale, nous allons parler du travail essentiel des agents de conservation à la CCN. Vous savez peut-être que la CCN s’occupe de plus de 1000 km2 de terrain dans la région de la capitale nationale. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que nous avons une équipe dévouée d’agents de conservation qui sont sur le terrain chaque jour. Ils sont nos yeux sur le terrain, ils patrouillent les sentiers et les voies navigables, font des interventions auprès de la faune et des sauvetages humains, et veillent à la sécurité du public. Aujourd’hui, nous allons explorer le rôle complexe des agents de conservation et mettre en lumière leur contribution à la préservation de la biodiversité tout en assurant votre sécurité. Je suis ravi d’être accompagné aujourd’hui de Diane Barbarie et de Christopher Myles, deux de nos formidables agents de conservation à la CCN. Bienvenue à vous deux. Alors peut-être que je vais commencer avec une question à propos d’une journée typique pour vous. Alors, comment est-ce que vous commencez votre jour d’habitude? Diane, peut-être que vous pouvez commencer.

Diane Barbarie : Oui, donc nous, on commence notre quart de travail, on regarde s’il y a des appels qui sont rentrés, des suivis à faire, puis de là, on voit avec nos priorités. Si on a déjà fait une planification de notre journée, des fois, il peut y avoir des appels qui peuvent rentrer, donc là les appels par la radio deviennent notre priorité. Donc, il n’y a pas vraiment de journée spécifique, comme genre, comme parfaite. Tu arrives, puis l’appel qui arrive à la radio, c’est celui-là que tu prends. S’il n’y en a pas, là c’est juste d’aller faire des patrouilles de surveillance à des endroits où est-ce qu’on a des problèmes, où est-ce qu’on a eu des plaintes, puis de là commence notre journée de travail.

Tobi Nussbaum : Très bien, merci. Christopher, comment est-ce que vous décidez où aller chaque jour? Alors, pour faire la surveillance, les patrouilles, etc. Est-ce qu’il y a une façon de déterminer où vous allez?

Christopher Myles : Oui, par d’habitude, comme Diane l’a dit déjà, souvent on a des priorités par jour, par mois, par saison. S’il n’y a pas d’appels, s’il n’y a pas d’urgence, on peut regarder les priorités quand on rentre au bureau et puis comme, ok, moi je travaille au nord du secteur du parc, alors les priorités là-bas sont XYZ. On part, on fait des patrouilles, mais comme on a dit déjà, chaque jour est différent, chaque moment est différent, chaque seconde est différente pour nous autres. Alors c’est vraiment comme, faire attention à tous les moments où tu es sur le terrain, parce que ça peut changer dans une seconde.

Tobi Nussbaum : J’imagine, oui. Merci. Alors Diane, j’imagine que vous avez reçu une formation assez spécialisée. Est-ce que vous pourriez parler un peu de cette formation?

Diane Barbarie : Oui, nous avons différentes formations. Donc naturellement, oui, on a nos études qu’on a faites, mais on a aussi de la formation continue avec la CCN. Donc naturellement, l’usage de la force. On a aussi l’immobilisation pour les animaux sauvages, donc les chevreuils, les orignaux, les ours qui rentrent des fois en ville ou sont juste à un endroit où est-ce que c’est pas, c’est pas un endroit, disons, sauvage, disons, pour eux, donc qui rentre dans un milieu résidentiel. Donc c’est ça, donc c’est varié.

Tobi Nussbaum : Oui, et est-ce qu’il faut toujours faire d’autres formations? Est-ce qu’il y a toujours quelque chose de neuf qu’il faut apprendre?

Diane Barbarie : Oui, oui, naturellement, il y a un thème, comme disons, pour chaque formation qui peut être différente. Donc naturellement, on vient de faire une formation aussi avec la SOPFEU, donc naturellement pour les feux de forêt qui arrivent sur les terrains de la CCN. Puis il y a aussi, naturellement, les premiers soins; les premiers soins, les défibrillateurs. Donc tout ça, c’est tout des atouts qu’on a, mais c’est de la formation qu’on a besoin pour nous garder à jour dans notre travail.

Tobi Nussbaum : Alors Christopher, qu’est-ce qui pourrait surprendre les gens à propos de votre travail?

Christopher Myles : Dans mon expérience, beaucoup de fois, le monde, le public, ils ne savent pas qu’on travaille comme agents à l’application de la loi dans deux provinces. Beaucoup de fois, on rentre sur les lieux avec une personne qui dit « Oh, j’ai vu toi au parc de la Gatineau, tu travailles ici aussi en Ontario? » Oui, on fait les deux bords. C’est un peu bizarre, on est vraiment unique comme ça. Vraiment, on fait un paquet de différentes tâches, mais pour moi et beaucoup de nos agents, je crois que c’est vraiment quelque chose qu’on est fier de faire parce que, vraiment, on est fier de trouver une façon de régler beaucoup de problèmes qui se passent jour à jour ici.

Tobi Nussbaum : Diane, quels sont les plus grands défis associés à votre travail?

Diane Barbarie : Défis? Le plus grand? Je dirais avoir l’information, on voudrait avoir l’information complète quand on reçoit un appel, mais il nous manque toujours de l’information pour arriver à notre solution finale. Donc, quand les gens appellent, de bien faire sûr naturellement de tout donner les détails qu’ils ont, puis nous, notre réponse et notre temps de réponse peut être plus rapide à ce moment-là. Donc, ça peut être naturellement votre location, ça peut être est-ce que vous venez tout juste de rentrer sur le sentier? Où est-ce que vous êtes sur le sentier? Est-ce que ça fait une heure que vous marchez? Donc, c’est tout des fois des petits détails qui font une différence pour nous quand on reçoit l’appel. Ça, ce serait un défi que des fois, si t’as pas toute l’information, c’est plus difficile, disons, à faire la décision ou la solution rapide qu’on voudrait avoir.

Tobi Nussbaum : Oui, intéressant. Je voudrais poser la question si vous avez une expérience spéciale dans votre tête que vous pourriez partager. Quelle histoire ou expérience vous a la plus marquée dans votre travail? Qui veut commencer?

Diane Barbarie : Je peux commencer?

Christopher Myles : Oui, oui, c’est toi.

Diane Barbarie : Donc, pour moi, il y avait une situation au lac Richard, dans le parc de la Gatineau. C’était une dame qui était blessée. Et puis là, c’est là que ça nous a démontré que la variété, la diversité de notre équipement fait une grosse différence dans une situation d’urgence. Donc, on avait la planche dorsale au début pour la stabiliser. Ensuite, on l’a mise dans un panier qui est un panier pour transporter un patient sur roue pour être capable de passer entre les arbres dans la montagne. Ensuite, on l’a amenée dans un traîneau de sauvetage, qu’on appelle, qui est traîné par un véhicule tout-terrain, donc un VTT. Puis ensuite, on l’a amenée juste encore sur la planche dorsale à son véhicule, puisqu’elle avait quelqu’un pour l’amener à l’hôpital. Donc, juste là, démontre que oui, on a beaucoup de jouets comme équipement, mais tout item a son raisonnement dans chaque situation où est-ce que, à ce moment-là, on a besoin de tel équipement pour résoudre la solution.

Tobi Nussbaum : Merci. Christopher, est-ce qu’il y a une expérience, une histoire que vous pourriez partager?

Christopher Myles : Oui, un peu plus drôle. C’était un appel pour un ours. Une famille a rencontré un ours au lac Philippe, puis leur premier instinct, leur première réaction était de grimper un arbre, un gros pain blanc. Mais il y avait un homme, une femme, trois enfants, puis une grand-mère de 75 années, et tous les cinq, les six ont grimpé l’arbre à une pas mal grosse hauteur. Et puis, même quand nous autres, comme agents, sommes arrivés avec le véhicule marqué, avec notre uniforme, on était juste en dessous de l’arbre et encore, on ne savait pas exactement où le monde était qui a fait l’appel pour l’urgence. Dans une seconde, j’ai vu quelque chose tomber de l’arbre. « Oh, il est là! » « Est-ce que l’ours est encore là? » « Non, non, c’est tranquille, c’est beau », mais nous autres, on avait utilisé notre camion pour grimper l’arbre nous-mêmes et assister le monde à quitter l’arbre et rendu à leur véhicule, tout était beau. Juste un peu de PR avec eux autres et sur grimper les arbres pour les ours, parce que les ours peuvent grimper les arbres beaucoup plus efficacement que nous autres. Juste un peu de tips, et c’était comme réglé. Il y a beaucoup de choses qui se passent comme ça dans notre jour à jour.

Tobi Nussbaum : Intéressant. Alors, merci beaucoup d’avoir partagé ces histoires. Peut-être qu’on peut finir avec l’équipement derrière nous. On a derrière vous, je pense qu’en français, on dit une cage d’ours?

Diane Barbarie : Oui, une cage à ours, oui.

Tobi Nussbaum : Une cage à ours. Diane, pourriez-vous partager une histoire quand vous avez dû utiliser la cage à ours?

Diane Barbarie : Oui, il y en a plusieurs naturellement, mais si je vais pour une, c’était un ours qui était dans un arbre, mais près du milieu résidentiel. Donc, l’ours a été immobilisé. Après ça, nous, on l’a amené dans la cage pour faire les vérifications pour sa santé, voir si la respiration était bonne, puis tout, avant de travailler avec le ministère des Ressources naturelles pour avoir une location spécifique. C’est eux qui nous le recommandent pour aller où le relocaliser. Donc, on le relocalise loin du milieu résidentiel en espérant qu’il n’y aura pas de retour. On ne peut pas garantir, mais c’est ça. Donc, ça, c’est une des situations. Il y en a d’autres que c’est des fois un endroit où est-ce qu’on sait qu’il y a un ours problème. Par contre, on laisse la cage là. Donc, on va mettre nos belles enseignes qui dit « danger, cage à ours en opération ». Donc, s’il vous plaît, ne pas vous approcher si vous voyez… N’entrez pas, s’il vous plaît, dans la cage. Non, c’est ça, ça non plus. Donc, naturellement, on met un appât à l’intérieur pour faire entrer l’ours. Puis, naturellement, la cage, la porte en arrière, elle se ferme automatique quand il tire sur l’appât. Puis, là au moins, on peut le relocaliser dans un endroit plus naturel.

Tobi Nussbaum : Très bien, merci. Christopher, j’ai un bateau derrière moi. J’imagine que c’est un bateau qu’on utilise des fois sur les rives, dans les lacs. Est-ce qu’il y a une histoire quand vous avez dû utiliser le bateau?

Christopher Myles : Absolument. Le bateau qui est en arrière de vous, on l’utilise plus ou moins la plupart des fois sur la rivière d’Ottawa parce que c’est une grande rivière. Alors, plus grande rivière, plus grand lac, plus grand bateau. On a d’autres bateaux plus petits qu’on utilise dans les lacs, comme le lac la Pêche, lac Philippe, les lacs dans l’entrée du parc. On utilise ça pour beaucoup de différentes causes. Feux de forêt, beaucoup de fois, on doit rentrer par bateau comme au lac la Pêche. Tu ne peux pas juste marcher ou conduire au feu. C’est vraiment quelque chose qui est à partir d’un site de camping ou quoi que ce soit. On a utilisé le bateau dans le passé pour des sauvetages d’animaux. On avait un chevreuil dans le canal Rideau. Ça fait beaucoup d’années passées, mais on a utilisé le bateau pour pogner le chevreuil, rentrer le chevreuil dans le bateau avec nous autres, faire des premiers soins avec le chevreuil et rentrer à quelque part plus boisé. Mais beaucoup des sauvetages, des feux de forêt, assister les biologistes, quand ils doivent rentrer dans une zone, quelque part qui est plus efficace par l’eau. Aussi, juste des patrouilles nautiques pour utiliser les réglementations, vérifier des endroits qu’on ne peut pas voir assez facilement par terre. On doit les regarder par l’autre bord. Et puis, c’est ça. Il y a beaucoup d’applications pour les bateaux. C’est un outil très efficace pour nous autres, très important.

Tobi Nussbaum : Intéressant. Alors, enfin, merci pour le travail que vous faites, vous et vos collègues, chaque jour pour le public, pour la CCN. Et puis, merci de nous avoir joint aujourd’hui pour cet épisode d’Histoires de la capitale. Et oui, on verra. J’espère que je vais avoir l’opportunité de vous joindre, soit sur le bateau, pas nécessairement dans la cage à ours, mais c’est toujours intéressant de voir le travail que vous faites. Alors, merci beaucoup encore une fois.

Diane Barbarie : Merci beaucoup.

Christopher Myles : Merci beaucoup.

Tobi Nussbaum : Et merci à vous d’avoir nous joindre aujourd’hui dans cet épisode d’Histoires de la capitale. Au revoir. Voilà qui termine cet épisode d’Histoires de la capitale. Retrouvez-nous lors de notre prochain épisode, alors que nous parlerons des grandes réussites, des défis et imaginerons l’évolution de la région de la capitale nationale. Merci de nous avoir écoutés.