Des boisés du parc de la Gatineau aux forêts de la Ceinture de verdure, nos terrains sont chaque année le théâtre de l’un des plus beaux spectacles : l’éclosion des fleurs sauvages printanières.

Ces fleurs éphémères s’épanouissent au début du printemps, quand les arbres n’ont pas encore de feuilles. Elles profitent alors pleinement du soleil, sans avoir à le partager avec eux.

Découvrez cinq variétés de fleurs qui tapissent les terrains de la capitale de mars à mai, pour le plus grand bonheur des randonneurs et des insectes pollinisateurs!

Tussilage pas d’âne

Délicates fleurs jaunes ressemblant à de petits pissenlits

Floraison : mars-mai

Si le temps doux arrive tôt, il est possible d’apercevoir cette fleur à travers la neige dès le mois de mars. Pour cette raison, elle est considérée comme la fleur qui annonce l’arrivée du printemps. On retrouve cette fleur pionnière sur les berges érodées des ruisseaux ainsi qu’en bordure des chemins.

Attention toutefois à ne pas la confondre avec le pissenlit! Contrairement à ce dernier, le tussilage pas-d’âne fleurit avant que ses feuilles ne poussent et est présent plus tôt au printemps.

Fait intéressant Cette fleur aurait des propriétés médicinales qui calment la toux, les maux de gorge et autres symptômes du rhume.

Sanguinaire du Canada

Unique fleur blanche mi-close et large feuille lobée

Floraison : fin mars-mai

Que cette fleur soit blanche vous surprend? En fait, la sanguinaire du Canada doit son nom à la sève rouge que produit sa racine. Cette fleur éphémère perd rapidement ses pétales si elle est exposée au vent. C’est aussi une espèce en péril, il est donc important de l’admirer à distance, sans la toucher ou la cueillir.

Fait intéressant – Sa grande fleur blanche ne s’ouvre que quelques heures par jour et seulement lorsqu’il fait soleil. Le reste du temps, elle reste bien enveloppée et protégée dans sa large feuille lobée.

L’érythrone d’Amérique

Fleur jaune pointant vers le sol et feuille rappelant la peau d’une truite

Floraison : avril-mai

Aussi appelé ail doux, l’érythrone est une autre espèce qui fleurit tôt. On peut l’observer presque aussitôt que la neige fond et que le sol commence à se réchauffer.

Cette fleur éphémère présente des feuilles tachetées de gris brun, ce qui leur donne l’allure de la peau d’une truite. Ses pétales, quant à eux, pointent vers le sol, afin de profiter des services de transport des fourmis. En effet, les graines de l’érythrone d’Amérique, très riches en nutriments, attirent les fourmis, qui les apportent sous la terre dans leur colonie, favorisant du même coup leur germination.

Fait intéressant – Autrefois, les peuples des Premières Nations utilisaient l’érythrone d’Amérique contre les maux de poitrine. Ses feuilles fraîches étaient transformées en pâte puis appliquées en cataplasme sur les enflures et les ulcères.

La claytonie feuille-large

Délicates fleurs blanches et rosées à cinq pétales poussant à travers les feuilles mortes

Floraison : avril-mai

Les délicates fleurs blanches et rosées de la claytonie feuille-large sont très jolies. Cela dit, cette fleur n’est pas conçue pour attirer notre regard, mais bien celui des insectes pollinisateurs. Cette plante printanière sait appâter les insectes, les incitant ainsi à venir l’examiner de plus près. Tout est pensé : même les délicates lignes roses présentent sur les pétales les guident directement vers le pollen.

Fait intéressant – Pour se reproduire, la claytonie peut projeter ses graines jusqu’à 60 cm de distance en faisant exploser son fruit.

Le trille rouge

Jolies fleurs rouges à trois pétales poussant au pied d’un arbre

Floraison : fin avril-début mai

La capitale du Canada abrite de nombreuses espèces de trilles. Ces fleurs, qui préfèrent les terrains boisés, sont assez faciles à reconnaître. Elles ont généralement :

  • trois pétales, de couleur blanc ou rouge;
  • de larges feuilles plates disposées perpendiculairement au sol.

Le trille rouge se distingue par l’odeur qu’il dégage, bien loin du doux parfum auquel on s’attend d’une fleur sauvage printanière. En fait, son odeur rappelle celle d’un animal en décomposition. Comme les trilles sont pollinisés par les mouches, ils ont évolué expressément pour attirer ces insectes pollinisateurs.

Fait intéressant – La couleur rouge pourpre flamboyante du trille rouge, rappelant celle de la charogne, lui confère un atout additionnel pour attirer les mouches.


Voilà! Vous savez maintenant repérer les fleurs sauvages printanières de la région. N’oubliez pas que ces plantes éphémères jouent un rôle important pour les écosystèmes dans lesquelles elles poussent. Observez-les à distance et laissez-les au sol. Bonnes découvertes!