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Transcription
Tobi Nussbaum : Bonjour, je suis Tobi Nussbaum, je suis le premier dirigeant de la Commission de la capitale nationale, et bienvenue à Histoires de la capitale. Avec moi aujourd’hui, on a Patrick Bunting. Bonjour Patrick.
Patrick Bunting : Bonjour Tobi.
Tobi Nussbaum : Patrick, tu étais très très impliqué dans notre plan du cœur de la capitale, et puis, je sais qu’on a eu une discussion avec notre conseil d’administration en juin, et on a lancé le plan. Alors peut-être pour commencer, est-ce que tu peux expliquer un peu qu’est-ce que c’est le plan du cœur et comment est-ce qu’on est arrivé ici cette année, 2025, avec le fait qu’il fallait renouveler le plan du cœur de la capitale?
Patrick Bunting : Oui tout à fait, donc le plan du cœur de la capitale, c’est un plan de planification, utilisation du sol, design urbain à long terme. Donc, c’est un plan très important pour la CCN, puis ça couvre le territoire qu’on appelle le cœur de la capitale. Donc, c’est une région d’à peu près 9 kilomètres carrés de terrain, avec beaucoup de sites très emblématiques, symboliques pour la capitale. Ça inclut aussi les deux villes de Gatineau puis Ottawa. Donc, c’est un lieu avec beaucoup de richesses, beaucoup de caractères. Puis c’est ça, on était dû pour renouveler le plan. Le dernier plan a été créé en 2005, puis il y a beaucoup de choses qui ont changé dans les derniers 20 ans. Donc, c’est ça le contexte du nouveau plan qui a été approuvé par le conseil.
Tobi Nussbaum : Et pour les personnes qui ne connaissaient pas, peux-tu décrire un peu le centre, quand on en parle de centre, qu’est-ce qu’on veut dire avec ça?
Patrick Bunting : Donc le cœur de la capitale, c’est une aire avec beaucoup de terrains fédéraux, beaucoup de sites très importants, dont la colline parlementaire, la Cour suprême, Rideau Hall, aussi des musées puis des places iconiques. Donc, il y a une grande proportion de terrains qui sont en appartenance ou gérés par les agences fédérales. Et c’est pour ça que c’est vraiment l’aire d’étude; c’est l’aire avec la plus haute concentration de terrains fédéraux dans la région. Donc, c’est pour ça que la CCN a le mandat de planifier puis de mettre de l’avant ce plan-là. Dans le plan, on parle autant des terrains de la CCN, mais aussi de leur contexte dans le milieu urbain et les relations avec les mandats des deux villes.
Tobi Nussbaum : Très bien. Et est-ce qu’on est unique ici à la CCN ou est-ce qu’on voit que les autres capitales du monde… est-ce qu’elles font la même chose?
Patrick Bunting : Oui, je dirais que la plupart des capitales ont des plans à long terme. Ça fait partie de la profession de planification d’avoir des plans à long terme, d’être vraiment clair sur qu’est-ce qui est important pour chaque ville, mais aussi d’avoir des aspirations pour guider l’édition dans l’avenir puis pour le futur. Donc oui, c’est quelque chose que toutes les majeures villes à travers le monde font, puis surtout les villes qui sont des capitales.
Tobi Nussbaum : Très bien. Je sais que le plan parle de trois orientations. Alors, quelles sont les trois orientations? Est-ce que tu peux décrire un peu ces trois choses importantes dans le plan?
Patrick Bunting : Oui, donc peut-être avant de se lancer dans les grandes orientations, je vais juste prendre un peu de recul pour dire comment on est arrivé à ces trois orientations-là. Donc, le plan s’est beaucoup inspiré de consultations publiques. On est parti d’une évaluation du plan précédent de 2005 pour voir c’est quoi les éléments les plus importants. Donc, on ne part pas de zéro. Ça fait partie d’une longue histoire de 125 ans de planification de la capitale. Il y a des idées clés qu’il faut continuer d’avancer dans le temps, mais c’est aussi un moment vraiment intéressant pour réimaginer où on veut aller dans le futur. On a fait des consultations au départ du projet pour valider une vision, puis aussi identifier les trois grandes orientations. Elles ont eu beaucoup de support de la part du public. La première, c’est mettre en valeur les cours d’eau et les berges.
Tobi Nussbaum : Comme ici?
Patrick Bunting : Comme ici. C’est vraiment une opportunité clé pour la CCN. Il y a 34 kilomètres de berges dans le cœur de la capitale. Donc, quelle richesse en termes de l’écologie de la région, mais aussi le potentiel d’animation des berges; d’avoir des opportunités récréatives, loisirs, plaisances. Aussi de partir en bateau. Justement, il y a un bateau dans l’arrière-fond. On peut découvrir toute la région à partir du cœur. La deuxième, c’est de créer des places d’exception. Ici, on parle d’animer des places, rehausser, améliorer des places existantes, historiques. On a des sites UNESCO de haute qualité, très emblématiques. Aussi amener des nouveaux services, des opportunités d’activer des sites. On parle de partenariats avec des commerces, des opportunités de donner plus d’activités, plus d’opportunités au public sur nos terrains. Et troisièmement, c’est de créer des liens. Donc, pour créer des liens, on parle de mobilité, transport, transport actif, transport public. S’assurer que le cœur, c’est vraiment au centre d’un réseau qui donne accès à toute la région. Donc, qu’est-ce qui arrive dans le cœur? C’est vraiment important de s’assurer que c’est viable, c’est dynamique. Il y a beaucoup d’opportunités ici, mais aussi que le monde soit capable d’accéder à tous ces biens et ces opportunités-là.
Tobi Nussbaum : Très bien, merci. Je sais aussi que dans le plan, on parle de logement. On sait qu’aujourd’hui, le logement est un aspect important. C’est une crise du logement qu’on a dans le pays du Canada. Est-ce que tu peux décrire un peu comment la CCN peut jouer un rôle pour améliorer la crise du logement? Qu’est-ce qu’on veut faire?
Patrick Bunting : Justement, il faut traiter cette crise-là. Puis aussi, en traitant ça, c’est une opportunité pour le cœur. Présentement, il n’y a pas beaucoup de monde qui habite au centre-ville, dans le cœur. Il y a beaucoup de gros terrains avec des institutions. Il n’y a pas beaucoup de densité en termes de résidents actuels dans le cœur. Donc ça, c’est une majeure opportunité d’amener plus de monde au centre-ville, à Ottawa et Gatineau. La CCN et les agences fédérales ont un rôle à jouer là-dedans. Quand on pense à la conversion de bureaux; on n’a peut-être plus besoin du même espace consacré aux bureaux fédéraux dans le centre-cœur. Ça, ça peut être transformé en résidentiel, des conversions de bâtiments, mais aussi peut-être créer des nouveaux développements ou insérer des buildings dans un contexte de terrain pour amener des destinations, des nouveaux résidents, mais aussi des nouveaux services, des nouveaux commerces dans certains espaces qui sont un petit peu vides en ce moment.
Tobi Nussbaum : Très bien, merci. Au cours des prochaines décennies, le plan qui dira la conception et la gestion des terrains, des bâtiments, des infrastructures, etc.; as-tu des exemples concrets de ce que nous espérons réaliser dans l’avenir à propos de ça?
Patrick Bunting : Bien oui, il y a des projets qui sont en cours en ce moment. Donc, une des choses avec un plan à long terme, ça peut… ça va se dérouler à travers plusieurs années puis décennies même. Donc actuellement, il y a des opportunités comme le renouvellement ou la reconstruction du mur Lady Grey Drive. Ça, c’est un gros projet d’infrastructure. Ou si on pense au remplacement du pont Alexandra, encore un grand projet qui a des impacts sur les terrains avoisinants. Puis on peut réimaginer comment on veut créer ces espaces-là. Donc dans le contexte du pont Alexandra, il y a un impact sur le parc Jacques-Cartier, puis on peut réimaginer… revoir comment on crée un espace autour du quai de Hull, puis les accès vers ces berges-là. Lady Grey Drive, on peut voir une synergie entre Kìwekì Point puis Lady Grey Drive, puis des nouveaux points d’intérêt sur le bord de l’eau. Donc, il y a beaucoup de potentiel, puis il y a beaucoup de projets qui sont en cours, qui vont nous amener vers des opportunités dans le futur.
Tobi Nussbaum : Comme la pointe Kìwekì, qui est ouverte maintenant, et j’imagine aussi dans 10 ans, on va être à la fin du travail qu’on fait maintenant sur la colline. Et j’imagine que, oui, le centre-ville va être beaucoup plus différent, beaucoup plus intéressant. Et puis, à l’ouest du centre-ville, on a les plaines LeBreton. Et j’imagine que les plaines LeBreton, ça fait partie du plan du cœur.
Patrick Bunting : Oui, justement. L’aire d’études, ça va des plaines LeBreton jusqu’à Rideau Hall. Donc, ça inclut tout ce secteur-là. Puis ça, c’est un bon exemple d’un secteur qui va avoir beaucoup de changements dans l’avenir. On travaille fort sur le redéveloppement, puis mettre… réaliser le plan, le concept pour les plaines LeBreton. Ça, ça vient avec des nouvelles destinations majeures, des attractions pour le public. Du côté du Québec, aussi ontarien, donc vraiment, c’est de s’assurer qu’il y a des connexions entre tous les différents quartiers, toutes les différentes régions pour que ce pôle-là puisse attirer du monde, mais aussi servir à stimuler les centres-villes, puis redonner aux deux villes.
Tobi Nussbaum : La durabilité, l’accessibilité et la mobilité occupent une grande importance sur le plan. On sait qu’on a une idée de tramway qui est discutée maintenant entre la CCN et la Ville de Gatineau. Peux-tu parler un peu de la mobilité et comment ça va fonctionner dans 10 ans, dans 20 ans, ici?
Patrick Bunting : Oui, donc, la mobilité, c’est un aspect clé. Quand on pense aux grandes orientations, de créer des liens, on veut avoir différents types de mobilité et de services de transport pour différents usagers. Donc, premièrement, s’assurer que les centres-villes puis le cœur soient une place qui est agréable pour le piéton, une place à haute densité avec beaucoup à offrir. Puis, la première option, c’est de marcher pour accéder à tous ces espaces-là. Deuxièmement, on rajoute le transport public, le transport actif. S’assurer que le monde en vélo, les autobus, les trams, tout ça, c’est connecté, puis ça offre un bon service pour la région dans son ensemble. Il y a deux systèmes à Gatineau et à Ottawa, puis assurer qu’il y a des connexions entre ces systèmes-là. Puis aussi, il y a l’aspect de… dans les alentours du cœur, des destinations qui sont peut-être… qui ont besoin d’une connexion plus spécifique ou une solution appropriée à donner accès à ces espaces-là. On pense au parc de la Gatineau, puis le service de navette qui amène le monde pendant l’automne. Aussi, il y a des grands espaces dans les rivières, il y a la Ceinture de verdure, il y a des sites comme Rideau Hall ou d’autres places où on voudrait améliorer, puis connecter ces destinations au centre-ville, puis s’assurer que tout fait partie d’un ensemble pour les résidents puis les visiteurs.
Tobi Nussbaum : Très bien. Alors, selon toi, Patrick, à quoi ressemble la réussite dans le contexte du plan, disons, dans 10 ans, dans 20 ans?
Patrick Bunting : La réussite, je pense, ça va être mesurée par le nombre de personnes au centre-ville. Si on a beaucoup de monde dans les rues, sur les terrasses, dans les parcs qui sont sur les cours d’eau, ça, ça va être la réussite pour le plan du cœur. C’est mettre en place les morceaux, aménager les espaces pour que ça appartienne au public, puis qu’il y a beaucoup de choses à faire. Aussi, s’assurer que ça donne plus d’accessibilité puis plus d’équité dans la conception des lieux pour donner accès à tout le monde, de tout âge et de toute habilité aussi.
Tobi Nussbaum : Oui. Je vais vous poser une question à propos d’une activité de récréation que je pense est importante et qu’ici à la CCN, on a commencé à catalyser. Et ça, c’est se baigner, nager à la Maison riveraine. En fait, c’était un pilote à Dow’s Lake, au Lac Dow’s. Est-ce que tu penses que la récréation; est-ce que ça fait partie de notre vision; comment, oui, on peut vivre ici dans le cœur de la capitale?
Patrick Bunting : Définitivement. Puis, pendant nos consultations publiques, River House, c’était quelque chose qui a été mentionné plusieurs fois. C’est génial. Est-ce qu’on peut avoir plus d’espace comme ça? Est-ce qu’on peut avoir plus d’accès, plus d’offres de loisirs, de commerces dans les espaces? Donc, effectivement, on regarde comment est-ce qu’on peut créer des pôles d’intérêt; vraiment aménager des espaces puis des lieux qui sont intéressants, dynamiques, puis avoir une diversité d’expériences pour le public puis les résidents. Donc, ça fait, c’est fondamental, ça fait partie du concept, c’est quelque chose qu’on veut promouvoir pour le futur.
Tobi Nussbaum : Très bien, merci. Alors, une capitale inspirante, une capitale plus active, plus dense, avec plus d’espaces publics, avec beaucoup plus de récréation, avec des espaces publics, avec la possibilité vraiment d’accéder à nos rivières et le canal, etc. Ça, c’est vraiment la vision. Et j’imagine qu’on a toujours la possibilité de changer, de faire des changements pendant les années à venir?
Patrick Bunting : Oui, donc, le plan qui a été approuvé par le conseil en juin, c’est le premier volet du plan. Puis là, avec ça en place, on tombe dans les détails de onze secteurs à travers le cœur. Donc, là, on commence à approfondir les conversations sur c’est quoi les aménagements de chaque site, c’est quoi le mélange de services, de potentiels, comment est-ce qu’on peut protéger les espaces verts, mais en même temps, rajouter des éléments intéressants en termes de bâtiments ou services. Donc, oui, c’est une conversation ouverte. Il y a encore des conversations à avoir avec les villes, avec les parties prenantes, avec des partenaires et aussi le public pour s’assurer que tout ça, ça commence à devenir des projets; pour trouver les fonds, puis les façons d’avancer ces projets dans les années à venir.
Tobi Nussbaum : Très bien. Alors, peut-être une dernière question. Qu’est-ce que tu as appris, qu’est-ce que tu as apprécié pendant le processus de créer le plan? Quelles étaient les leçons personnelles ou les expériences personnelles que tu veux partager?
Patrick Bunting : Bien, je pense que pour moi, c’était un grand honneur de travailler sur ce plan-là. Justement, j’étais impressionné par le soin, puis l’importance de ces terrains-là. Le public a vraiment mis de l’avant le fait qu’il y a des places sur lesquelles la CCN a un rôle de mener une conversation vers un futur qui n’existe pas, puis beaucoup d’excitation sur qu’est-ce qui pourrait être là. Beaucoup de synergie entre les besoins des villes puis la capitale. Donc, on parle aussi dans le concept de cet aspect de la dualité ville-capitale. La ville, c’est une capitale, puis la capitale, c’est une ville. Ça, c’est quelque chose que je pense ressort très fort. Il faut essayer de tisser des liens entre les résidents puis les visiteurs, entre les villes puis les terrains fédéraux pour s’assurer que tout ça, ça fait un ensemble qui est vraiment intéressant, dynamique, puis un espace que tout le monde veut prendre soin puis investir pour le futur. Donc, moi, j’ai été très marqué par l’intérêt du public pour ce plan-là, puis le support qu’on a eu pour les grands gestes, puis aussi les principes.
Tobi Nussbaum : Très bien. Alors, peut-être qu’on va arrêter là et je peux dire merci à toi, Patrick, pour le travail que tu as fait avec ton équipe. Je pense qu’on a un plan maintenant qui va nous donner une opportunité de continuer de travailler sur une capitale inspirante. Alors, merci beaucoup pour le travail que tu as fait.
Patrick Bunting : Merci, Tobi.
Tobi Nussbaum : Revenez-nous pour un prochain épisode d’Histoires de la capitale. À la prochaine.