Temps de lecture : environ 4 minutes

Camille Tremblay

Biologiste, Intendance de la capitale

Biologistes au boulot dans la forêt

Qui dit capitale du Canada, dit colline du Parlement, canal Rideau et institutions nationales d’importance. J’aime croire qu’en pensant à la capitale, on pense aussi à ses nombreux espaces verts qui la distinguent des autres grandes villes comparables.

À mesure que l’urbanisation s’intensifie, les espaces verts prennent encore plus d’importance. En tant que biologiste à la CCN, mon rôle consiste à protéger ces terrains et les écosystèmes présents sur les 550 km² de territoire fédéral. C’est un métier qui offre son lot de défis, mais aussi de victoires, d’amitiés et de souvenirs mémorables.

D’amatrice de plein air à biologiste de carrière

Les parcs de la capitale me sont très familiers, car j’ai grandi dans la région et j’ai toujours été une grande amoureuse de la nature. En 2006, je me suis jointe à la CCN en tant qu’étudiante alors que je terminais une maîtrise à l’Université de Sherbrooke. Je travaille à la CCN depuis, toujours dans le domaine de l’environnement.

Biologiste qui observe au travers de binoculaires

Aujourd’hui, je veille notamment à ce que nos projets aient le moins d’impact possible sur l’environnement des terrains urbains gérés par la CCN. Ces espaces comptent de nombreux parcs et autres espaces verts que vous connaissez sûrement, comme les environs du lac Mud et les parcs Jacques-Cartier, du Lac-Leamy et des Rapides-Remic. 

Qu’est-ce qu’un terrain urbain?

Les terrains urbains, le nom le dit, ce sont des terrains en ville, mais ce sont aussi des oasis de verdure. Ils sont plus petits, et parfois plus fragiles, que les vastes étendues du parc de la Gatineau et de la Ceinture de verdure, mais ils contribuent eux aussi à notre qualité de vie au quotidien.

Et comme ils sont près de nos résidences et de nos lieux de travail, ils sont très fréquentés. Vous devinerez qu’un nombre important de visites, ça vient avec des enjeux. C’est pour cette raison qu’il est important de respecter les principes du plein air, même en ville.


Poser des gestes responsables, comme rester sur les sentiers officiels, contribue à la conservation des milieux. La propagation d’espèces envahissantes, la fragmentation des habitats et la perturbation des mœurs alimentaires de la faune sont des enjeux auxquels il faut, collectivement, éviter d’être confrontés. 

Quand les terrains et les parcs urbains sont en santé, tout le monde en bénéficie. Voici quelques-uns des services écologiques qu’ils nous rendent : 

  • stockage des eaux de pluie 
  • protection contre l’érosion 
  • protection contre les inondations 
  • formation d’îlots de fraîcheur 
  • fourniture d’habitats naturels pour la faune 

Une année dans mes souliers

Je peux passer des journées dehors, les deux pieds dans un marais, tout comme je peux être au bureau à fournir de l’expertise et à analyser des projets. Essentiellement, mon travail consiste à maintenir des données écologiques et à assurer la saine gestion des ressources naturelles. Mes tâches principales sont :

  • recueillir des données écologiques
  • concevoir et superviser des études de recherche
  • mettre en œuvre des programmes de surveillance écologique
  • fournir des recommandations sur la gestion des ressources naturelles
  • appuyer l’équipe d’évaluation environnementale dans l’analyse des projets.
Biologistes travaillent dans un marais

Comme la nature, mon travail suit le cycle des saisons. Au printemps et en été, je suis – comme la faune et la flore – plus active. Avec les futurs biologistes sous ma supervision, je passe beaucoup de temps sur le terrain.

Quand les mois froids approchent, la nature se prépare à hiberner. Pendant cette période, je peux m’occuper des terrains plus sensibles. L’hiver venu, je consacre beaucoup de temps aux évaluations environnementales et à la planification des travaux. Le travail de bureau est inévitable!

Mes victoires

Il y a de ces projets qui marquent une carrière. En voici quelques-uns qui me rendent particulièrement fière.

Aire de restauration du parc des Rapides-Remic

Des habitats à restaurer

Pour aider les pollinisateurs et préserver la biodiversité, mon équipe et moi restaurons des habitats et les réintroduisons sur les terres de la CCN.

Un de mes projets chouchous est celui de la restauration d’une zone du parc des Rapides-Remic, autrefois couverte de plantes envahissantes. Maintenant, c’est un habitat diversifié et coloré! Le plus satisfaisant dans tout ça, c’est d’observer les oiseaux et les grenouilles se réapproprier ce nouvel habitat sain.

Camille Tremblay en entrevue

Innover pour un pluvier

Ce que j’aime de mon métier, c’est qu’il faut toujours faire place à l’imprévu. La saga du Bluesnest, que je raconte dans un autre billet de blogue, en est l’exemple parfait. Avec mes collègues biologistes, nous avons usé de créativité pour protéger un nid de pluvier kildir trouvé à l’endroit qui devait accueillir la scène du Bluesfest d’Ottawa, en 2018. Cette histoire a marqué l’imaginaire collectif et a généré beaucoup d’attention médiatique. Mais elle a aussi rassemblé les gens et sensibilisé le public à l’importance de nos efforts de conservation.

Biologiste collectant des branches

Diminuer l’impact des espèces exotiques envahissantes

J’aime aussi collaborer directement avec les gens. C’est ce que j’ai fait dans un projet qui visait à atténuer l’impact des espèces exotiques envahissantes au lac Mud. Avec l’aide de bénévoles qui ont à cœur ce milieu naturel d’importance, nous avons pris des mesures pour retirer les espèces végétales envahissantes et en surveiller la propagation. Restaurer un couvert végétal de plantes indigènes est un long processus. On n’y arriverait pas sans l’appui et la participation de la collectivité.

À votre tour de jouer

Les espaces verts contribuent à la qualité de vie de la population. En adoptant des comportements respectueux en nature, vous aidez directement à protéger la biodiversité et les milieux naturels urbains. Mon message pour vous? Allez à la découverte de ces espaces et laissez-vous émerveiller! Après tout, on protège mieux ce que l’on aime.