L’histoire du parc de la Gatineau remonte à il y a fort longtemps.
Ce territoire, riche et unique, était habité par les Autochtones depuis 9 000 ans, et les peuples nomades s’y arrêtaient en cours de portage pour faire du troc. Des preuves archéologiques indiquent que la région était une plaque tournante commerciale animée voilà quelque 6 000 ans.
L’utilisation des terres à l’origine
À l’époque du premier contact avec les Européens, au début du 17e siècle, la région était habitée par les Anishinabés. Leurs descendants l’occupent encore de nos jours. Les premiers colons espéraient vivre de la culture de la terre, mais le sol rocheux ne convenait pas à l’agriculture. Ils se sont donc tournés vers l’exploitation des ressources naturelles : la chasse, la pêche, la foresterie et les mines.
Les premiers temps
C’est en 1884 que l’embellissement de la capitale a commencé. On peut dire qu’à l’époque, elle ne ravissait pas tous les premiers ministres de ce jeune pays. Jugeant qu’elle n’était pas « une belle ville », Sir Wilfrid Laurier, septième premier ministre du Canada, a mis au défi son gouvernement de l’améliorer. Débuta alors plus d’un siècle d’édification du milieu urbain de la capitale fédérale.
La Grande Dépression des années 1930 a forcé les familles pionnières à trouver de nouvelles activités économiques. La coupe et la vente de bois de chauffage, en particulier, entraient toutefois en conflit avec les valeurs récréatives des vacanciers de la région.
Les relais de jour
Saviez-vous que... il y a plusieurs relais de jour dans le parc de la Gatineau, et qu’ils sont tous liés à une famille qui habitait autrefois le territoire?
Relais Shilly Shally
Acquisition par la CCN v. 1940
Durant de nombreuses années, le relais Shilly Shally fut la résidence d’hiver de Rosemary Gilliat Eaton, une photographe. Cette dernière réservait un bon accueil aux visiteurs, ce qui faisait de Shilly Shally une destination populaire dans le parc. Il s’y organisait de nombreuses fêtes, y compris une célébration annuelle de l’arrivée du printemps.
Relais Healey
Acquisition par la CCN v. 1951
Ce chalet est nommé en l’honneur de Stanley Healey, le premier préposé à l’entretien de la fonction publique au lac Mousseau (Harrington Lake). M. Healey a joué un rôle prépondérant dans l’établissement de la résidence de campagne officielle du premier ministre, dans le parc.
Relais Herridge
Acquisition par la CCN v. 1951
Le relais Herridge a été construit par les Cafferty, une famille d’immigrants irlandais. Son nom actuel, reflète cependant celui de son dernier occupant, William Duncan Herridge, un avocat d’Ottawa, gendre du premier ministre, le très honorable R. B. Bennett.
Relais Keogan
Acquisition par la CCN v. 1944
Le relais Keogan doit son nom aux colons qui ont défriché le lot où il se trouve. Il a été construit en 1923 par le club de ski Cliffside, afin de servir d’abri pour la nuit aux membres du club.
Relais Renaud
Construction par la CCN v. 2015
La famille Renaud s’est établie dans le secteur du lac Philippe vers la fin du 19e siècle. En été, les Renaud cultivaient ce qu’ils parvenaient à faire pousser sur cette terre infertile et, en hiver, ils tiraient un revenu supplémentaire de travaux forestiers. À l’époque, ce mode de vie était courant dans la région.
La maison Harison
Acquisition par la CCN v. 1963
De 1982 à 1999, le Centre des visiteurs se trouvait dans la maison Harrison, un bâtiment datant des années 1930 situé sur le chemin du Lac-Meech, à l’ouest de Kingsmere. Il se trouve à son emplacement actuel depuis la restauration de certains secteurs aménagés du parc.
Planifier le parc
1950
La Commission du district fédéral crée un sous-comité aviseur du parc de la Gatineau. Présidé par Roderick Percy Spark jusqu’en 1954, ce comité émettra un certain nombre d’avis à la Commission et lui présentera des rapports, dont un document intitulé Rapport sur le plan directeur pour développer le parc de la Gatineau (1952). Ce rapport reprend des propositions d’aménagement énoncées dans des rapports précédents : stationnements, immeubles, sentiers, accueils et promenades. Il soulève également la question de la propriété privée dans le Parc.
1970
Un plan de développement, dressé en 1968, jette les bases de l’utilisation du sol du parc, mettant en valeur ses fonctions de loisirs et de récréation, ses qualités symboliques et sa beauté naturelle. Divers aménagements sont alors mis en œuvre pour améliorer l’accès et les installations récréatives des résidants et des visiteurs de la capitale.
1980
La superficie du parc atteint 35 650 hectares. Des études sont alors réalisées en vue d’élaborer un premier plan directeur. Ce plan, adopté en 1980, divise le parc en cinq secteurs, chacun ayant une vocation dominante. Il propose un zonage de conservation pour 70 pour cent de la superficie du parc, et d’interprétation et de loisirs pour le reste.
1990
Avec l’élargissement de la mission de la CCN, en 1988, le plan de 1980 est remplacé par le plan directeur de 1990, lequel énonce des objectifs stratégiques visant à accroître la visibilité du parc et sa contribution récréative. En 1994, la CCN acquiert la vallée du ruisseau Meech. Cette acquisition porte à 36 131 hectares la superficie totale du parc.
1999
Le Plan de la capitale du Canada désigne le parc comme une aire de patrimoine naturel de catégorie II, protégée et gérée d’abord et avant tout pour en préserver les écosystèmes et, ensuite, pour servir à la récréation. La prédominance est accordée aux processus naturels et la restauration du patrimoine naturel y est encouragée.