Catherine Bouchard

Adjointe aux communications

Le mercredi 14 août 2019, 9 h 00

Au début de l’été, par une chaude journée, une petite équipe de la Commission de la capitale nationale (CCN) a été invitée à découvrir le travail de collègues biologistes au parc de la Gatineau. En compagnie de trois de ces experts, c’est une dizaine d’employés qui se sont mis en marche le long du sentier de la Sucrerie.

Le noyer cendré – Sandra Cook

Au premier arrêt, Sandra Cook, biologiste, a présenté un noyer cendré. Il s’agit d’une espèce en péril, car elle est envahie par un chancre mortel provoqué par un champignon phytopathogène provenant d’Asie. Plusieurs mesures sont en vigueur pour empêcher la propagation de ce champignon.

Que faire des noyers cendrés morts dans le parc?

Un arbre mort en plein milieu de la forêt ne pose pas de problème. Cependant, un noyer cendré mort en bordure d’un terrain de camping, par exemple, devient un enjeu de sécurité publique délicat. En effet, la Loi sur les espèces en péril interdit de tuer une espèce menacée ou en voie de disparition, et même de lui nuire ou de la prendre, qu’elle soit morte ou vivante. Pour couper ou émonder un noyer cendré mort ou malade, les biologistes doivent donc obtenir un permis d’Environnement et Changement climatique Canada (ECCC). Tant que l’arbre est vivant, leurs efforts doivent viser à le garder en vie le plus longtemps possible. Il leur faut donc trouver des solutions créatives (par ex., transplanter les petits arbres avant qu’ils ne soient trop gros).

Les biologistes qui reçoivent un tel permis sont responsables d’assurer le respect des conditions de ce dernier et de surveiller les travaux, et doivent aussi envoyer un rapport d’activité à ECCC. Ils effectuent ensuite un suivi annuel afin de documenter les impacts de leur intervention sur l’arbre ou le succès de sa transplantation.

Les espèces exotiques envahissantes – Marina Torreblanca

Au deuxième arrêt du parcours, Marina Torreblanca, agente de soutien à la gestion des terrains et des ressources naturelles, a testé nos connaissances sur les plantes exotiques envahissantes du parc.

« Qu’est-ce qu’une plante exotique envahissante? »
C’est une plante qui colonise de nouveaux territoires et produit des populations dominantes. Ces plantes sont souvent introduites par l’humain pour leurs qualités ornementales ou leurs propriétés agricoles.

Des exemples de ces plantes comprennent le myriophylle à épi, le lilas, les nerpruns, l’alliaire officinale, la petite pervenche et le panais sauvage.



« Quels sont les facteurs qui rendent une plante envahissante? »

  • C’est une excellente compétitrice (croissance rapide, meilleures facultés pour aller chercher la nourriture ou la lumière).
  • Elle se propage rapidement (par rhizomes ou par morceaux ou fragments viables).
  • Elle fleurit longtemps ou sa période de reproduction est plus longue.
  • Elle produit beaucoup de graines (voire plusieurs milliers par plants).

Les plantes exotiques envahissantes sont une grave menace pour la biodiversité. Pour remédier à cela, la CCN a instauré une stratégie de gestion des plantes exotiques envahissantes.

En général, il suffit de bien laver ses chaussures avant les randonnées; d’éviter de jeter des déchets de jardin ou des restes de table dans nature, en préférant les mettre au compost municipal; de choisir des plantes indigènes pour compléter son aménagement paysager; et même de laver son embarcation de plaisance afin de réduire le risque de propagation.

Le programme de science citoyenne – Stéphane Wojciechowski

Stéphane Wojciechowski, gestionnaire des terrains, a présenté les activités du programme de science citoyenne qui ont lieu dans le parc. Ce programme, qui vise à réaliser des études sur la biodiversité, a été mis sur pied en 2018 en collaboration avec les Amis du parc de la Gatineau.

Le programme comprend quatre volets :

  • le suivi des anoures;
  • le suivi du plongeon huard;
  • le suivi du papillon monarque;
  • le contrôle des espèces exotiques envahissantes.

Par exemple, à l’automne 2018, une dizaine de participants bénévoles ont arraché la valeur de 32 sacs de jardinage de petite pervenche en un seul avant-midi. Cela représente une superficie de 200 m2.

Tous ont passé une belle matinée à découvrir un côté invisible du travail de la CCN : protéger la nature première du parc de la Gatineau. La randonnée s’est terminée en discutant des mesures qui permettent de conserver la biodiversité du parc et des moyens d’aider nos collègues qui y travaillent à accomplir leur mission. Et vous? Comment pourriez-vous contribuer au travail de conservation dans le parc, en combattant efficacement les espèces envahissantes?

Abonnez-vous à un ou plusieurs de nos bulletins