Catherine Bouchard

Adjointe aux communications

Le mardi 30 juillet 2019, 10 h 27

Depuis la fin de juin, le Centre des visiteurs du parc de la Gatineau est l’hôte d’une exposition aussi éphémère que fascinante, celle de l’évolution du papillon monarque. Dans une volière à papillons, œufs, chenilles et chrysalides se développent bien à l’abri, près d’une fenêtre, à l’avant. Luc Picard, un expert passionné des monarques, vient quotidiennement s’assurer que la volière est propre et que les chenilles ont assez de feuilles d’asclépiade pour se nourrir. Ces intrigantes créatures qui accueillent les visiteurs seront libérées lorsqu’elles atteindront le stade adulte de papillon.

Où trouve-t-on des monarques dans le parc de la Gatineau?

En 2015 et 2016, la Commission de la capitale nationale (CCN) a mené une étude pour évaluer les endroits propices aux papillons monarques. La présence de l’asclépiade, une plante dont se nourrissent les chenilles du monarque, en était un indicateur.

L’asclépiade est une plante indigène vivace qui pousse en plein soleil, donc dans les habitats ouverts. De tels habitats couvrent approximativement 4 % de la superficie du parc de la Gatineau.

On peut voir des asclépiades et leurs hôtes aux endroits suivants, par exemple :

  • la vallée du Ruisseau-Meech, près de P16
  • le secteur des sentiers 5 et 27, près de P2
  • l’aire de piquenique de la Colline-Church
  • le stationnement des chutes de Luskville


Que fait le parc de la Gatineau pour aider cette espèce?

Il faut savoir qu’en novembre 2016, le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) a classé le papillon monarque parmi les espèces en voie de disparition.

Déjà, l’année précédente, la CCN avait répertorié 57 endroits dans le but de les classer selon leur importance pour le monarque. Elle en a retenu 13, en raison de leur importance élevée ou très élevée, et y a exercé une surveillance régulière pour évaluer la présence de l’espèce et le succès de sa reproduction.

En 2015 et 2016, la CCN a évalué l’habitat du papillon monarque dans le parc de la Gatineau et les terrains urbains de la CCN au Québec. Ce projet visait à :

  • évaluer le potentiel de l’habitat et le succès reproducteur de l’espèce
  • surveiller les populations
  • identifier les menaces sur nos terrains

La première année du projet a donné l’occasion de suivre les stades de développement du monarque. Outre la présence de cocons (pupes ou chrysalides), on y a observé des œufs; des larves ou chenilles, variant de 5 à 50 mm, selon le stade évolutif; et des papillons adultes, mâles et femelles. Cela a permis d’établir que le parc de la Gatineau est un habitat propice à la reproduction du monarque et de mettre en place des stratégies adaptées pour favoriser sa conservation.

Le 27 juillet 2019, des participants au programme de science citoyenne ont recensé la population de monarques près de P3 (rue Gamelin et promenade de la Gatineau). Leur travail minutieux comprenait l’inspection de 1 600 plants d’asclépiades, sur lesquels ils ont compté 23 œufs, six chenilles et deux papillons. Ce dénombrement s’inscrivait dans le programme Mission monarque, chapeauté, dans la région de l’Est, par l’Insectarium de Montréal. Ce programme vise à recueillir de l’information et à protéger l’espèce.

Les résultats

Diverses mesures pour sensibiliser le public et le renseigner sur la situation du papillon monarque ont été mises en œuvre. L’exposition du Centre des visiteurs en est un exemple. Une telle exposition donne la chance de regarder ces insectes en croissance, pendant qu’ils sont en captivité, sachant qu’ils seront relâchés à la phase adulte. Observer les cycles de vie du papillon monarque, c’est passer un beau moment; un moment éphémère comme le passage de ce grand migrateur!

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